
Le sénateur nordiste alerte le grand public sur les dangers de l’Intelligence Artificielle
L’intelligence artificielle prend de plus en plus de place dans nos vies mais est-ce pour notre bien ? C’est la question soulevée par le sénateur communiste du Nord, Alexandre Basquin, qui veut nous mettre en garde contre les dangers de l’IA. Il demande son interdiction pour le grand public.
Chat GPT, aide moi à rédiger ma rédaction, trouver une idée de repas, écrire au trésor public… Alors que l’intelligence artificielle entre progressivement dans nos vies, à la maison, à l’école ou en entreprise, un élu de la région tient à nous alerter sur ses dangers.
Alexandre Basquin, sénateur communiste du Nord, veut même faire interdire l’intelligence artificielle générative au grand public, estimant qu’elle nuit à notre avenir. Il vient de publier un essai consacré à la question : » Numérique: stop à l’exploitation« , sorti en librairie le 20 mars. Ici Nord l’a rencontré.
ICI Nord : Certains ont déjà intégré l’IA à leur quotidien, pourquoi estimez-vous que c’est une fausse bonne idée?
Alexandre Basquin : « Je fais la distinction entre l’intelligence artificielle applicative, qui existe depuis très longtemps, et l’intelligence artificielle générative. Parce qu’effectivement l’intelligence artificielle applicative, c’est bien pour la médecine, la recherche, etc. L’Intelligence artificielle générative, qui ne sert qu’à générer du contenu, à mettre en avant des agents conversationnels et à répondre à des requêtes, présente des dangers. L’université américaine du MIT (Massachussetts Institute of Technology) a recensé et répertorié 777 risques: des risques sociaux, économiques, des risques salariaux, mais aussi des risques cognitifs. Vous perdez en autonomie. Il y a une certaine forme de dépendance affective aussi et on en arrive à préférer son agent conversationnel à ses proches. Tout ça est fait par ces géants du numérique avec un objectif, vous faire passer le plus de temps possible sur vos écrans. Car qui dit plus longtemps sur vos écrans dit renforcer leur modèle économique, renforcer leur profit. Alors je ne veux pas être péjoratif ou donneur de leçons. Après, je comprends que les gens puissent l’utiliser, mais comment ils ont fait jusqu’en 2022? Avant, on a quand même survécu et vécu, bien vécu même, sans avoir chat GPT. »
ICI Nord : Cette méfiance à l’encontre du numérique ne date pas d’hier chez vous qui avez été pendant 10 ans maire d’Avesnes-les-Aubert près de Cambrai. Vous avez fait le choix de ne pas être présent sur les réseaux sociaux. C’est possible aujourd’hui pour un élu?
Alexandre Basquin: « Absolument, même si on est forcément moins visible. Mais il y a des études qui montrent qu’un mensonge se répand six fois plus vite qu’une vérité. Certains de mes administrés me disaient souvent d’une information fausse qu’ils l’avaient lue sur les réseaux sociaux alors elle ne pouvait pas être erronée. Sur Facebook, il y a eu les fameux Facebook files. Une lanceuse d’alerte, Frances Haugen, qui a travaillé pour Facebook ,a montré la part sombre de ce réseau social. Il faut savoir que Facebook, comme chat GPT, comme X, comme Instagram, ou TikTok, travaille avec des comportementalistes, des psychologues, des pédiatres, des neuroscientifiques qui œuvrent à faire en sorte que nous soyons de plus en plus dépendants de leurs outils, toujours avec ce souci de monétiser et de faire de l’argent. Et donc, il faut distribuer des contenus polarisants, Car plus ces contenus sont excessifs, plus y a de disputes et d’insultes, plus ils sont vus. Plus c’est viral, plus ça ramène de l’argent. Et cela sert aussi certains pouvoirs politiques qui sont derrière tout ça. Et donc la nuance, ça n’existe pas sur les réseaux sociaux. Par contre, tout ce qui peut fragmenter la société est largement vu. On est dans un système extrêmement pervers, nuisible à la démocratie. Et aussi aux faits, à la véritable information.«
ICI Nord : même si elle n’a pas été encore inscrite à l’ordre du jour, vous avez aussi déposé une proposition de loi pour interdire la revente de nos données qui circulent sur le net. C’est aussi un risque ?
Alexandre Basquin : « Tout ce que l’on fait sur les moteurs de recherche, sur les réseaux sociaux, à travers nos objets connectés : Alexa, Siri, ou les montres connectées quand vous faites votre jogging est utilisé. Quand vous allez sur vos applications comme Vinted ou Le Bon Coin, vos données sont siphonnés, pillées. Vos usages, votre utilisation, sont transmis aux géants du numérique via des algorithmes extrêmement puissants. Et après? Ils ciblent à travers la publicité, mais aussi ils revendent nos données à des entreprises, à des États, à des gouvernements… C’est ce qu’on appelle, et ce que je cite dans mon essai, les courtiers en données numériques : les data brokers. Par exemple, vous téléchargez une application comme Candy Crush et vous acceptez les conditions générales d’utilisation que vous ne lisez pas car tout est fait pour que vous ne les lisiez pas. Vous permettez ainsi à ce que vous données soient transmises à des entreprises. Et donc, j’alerte parce qu’effectivement, vous ne le savez peut-être pas, mais votre vie privée ne l’est absolument plus. »
https://www.ici.fr/hauts-de-france/nord-59/
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Intelligence artificielle générative : « Madame la Ministre, une réflexion doit être menée sur sa possible interdiction »
Impact social, économique, cognitif, environnemental, manipulation de l’opinion…. Le coût de l’usage de l’intelligence artificielle générative est très élevé, a rappelé Alexandre Basquin lors d’une question orale au gouvernement.
Des chercheurs américains ont démontré qu’il existe 777 risques liés à son usage, des experts appellent à un moratoire, des universitaires à son interdiction et on annonce la destruction de 5 millions d’emplois en France.
Sans compter l’épuisement des ressources en matières premières, eau et électricité de notre planète et l’exploitation de millions de travailleurs du Sud global payés une misère pour entraîner cette IA, a dénoncé le sénateur. Qui a ajouté que cette IA était également source de manipulation de l’opinion publique, ce qui posait particulièrement question à l’approche de la présidentielle.
Non, tous les progrès technologiques ne sont pas sources de mieux-être social, a martelé Alexandre Basquin qui a différencié cette IA de celle utilisée en médecine, par exemple.
Au regard de tous ces enjeux, le parlementaire a interpellé la ministre en charge du numérique et de l’IA « Il est impérieux, madame la Ministre, qu’une réflexion poussée soit menée sur l’intelligence artificielle générative sur ses usages, sur son utilisation par le grand public et même sur sa possible interdiction. Qu’en pensez-vous ? »
https://alexandrebasquin.fr/le-senat/quest
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https://www.youtube.com/watch?v=1ksz3PS
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Commentaire
La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet saisit l’Arcom après la diffusion d’une fausse Une de Closer sur CNews
https://www.franceinfo.fr/economie/medias/la-presi
extrait
Le pire, c’est que l’ensemble des personnes présentes sur le plateau en tirent des conclusions politiques », ajoute Yaël Braun-Pivet. En effet, un des commentateurs affirme que la présidente de l’Assemblée nationale tente, avec cette photo, de dire « Regardez, je suis un peu de gauche ». Et d’ajouter : « Vous savez qu’elle veut jouer un rôle dans l’élection présidentielle. »
Ce fait divers a permis à une militante d’envoyer le commentaire suivant à la présidente de l’assemblée nationale
Si ce n’était pas grave et dangereux [cet extrait d’article], cela ferait presque sourire !
Car vraiment, vous imaginer de gauche, même une peu …. qui pourrait y croire ?
Mais, on ne peut pas rire de tout, loin de là.
Et nous avançons avec l’IA générative sur un terrain miné, une poudrière.
C’est à juste titre qu’un des élus s’empare du sujet à bras le corps et interpelle Mme la Ministre déléguée auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l’intelligence artificielle et du numérique [voir le contenu dans cet article]
Cet élu s’appelle Alexandre BASQUIN.
Ne conviendrait il pas que nos députés et députées en fassent de même ?
M. Delaporte s’est attaqué au sujet mais il conviendrait d’aller encore plus loin avant que le point de non retour ne soit atteint.
https://lcp.fr/actualites/le-depute-arthur-delaporte-