
Comment expliquer la forte poussée dans les Hauts-de-France ?
Quelques articles de Voix du Nord … avec quelques commentaires !
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Nouvelle antenne Bouygues à Leforest : « Ils se sont un peu foutus de ma g… »
La ville a matérialisé son opposition à la nouvelle antenne en entrée de ville sur la D 160E2.
Mi-mai, le maire Christian Musial a manifesté son mécontentement sur les réseaux sociaux concernant le projet d’implantation d’une nouvelle antenne de téléphonie Bouygues sur la commune. Après avoir perdu en justice, la ville va continuer le combat.
Le maire de Leforest Christian Musial (divers gauche) est colère. C’est assez rare, en public, pour le souligner. « Ils se sont un peu foutus de ma g… » « Ils », c’est l’entreprise Bouygues. En 2020-2021, « une antenne avait été démontée à la cité du Calvaire et, en contrepartie, deux autres avaient été installées rue de Basly, rappelle M. Musial. À l’époque, Bouygues m’avait dit que cela suffirait en termes de couverture ». Sauf qu’en décembre dernier, arrive en mairie une déclaration préalable de travaux pour l’installation d’une nouvelle antenne rue de l’Égalité dans un champ privé, non loin de la centrale photovoltaïque leforestoise.
Sans surprise, le maire signe un arrêté le 6 janvier dernier actant son opposition à l’implantation de l’équipement radiotéléphonique. « On a l’impression qu’il faut toujours plus de technologie ! On a aussi quand même déjà donné en termes de dégradation du paysage leforestois avec la ligne THT (très haute tension) . En plus, on est proche des habitations, à 100 mètres à vol d’oiseau d’une autre (où est implantée uniquement Orange) . Il n’y a eu aucune concertation. » Christian Musial peste contre un courrier de Bouygues qu’il a reçu le 12 mai dernier pour le féliciter de sa réélection et où l’entreprise affirme qu’il y a « un dialogue continu » avec la commune.
Une décision de justice fin mars
Le 24 mars dernier, Bouygues – qui a attaqué l’arrêté au tribunal administratif (TA) de Lille – obtient une victoire, la justice suspendant l’arrêté communal. Le TA adjoint aussi le « maire de la commune de Leforest de procéder au réexamen de la déclaration préalable des sociétés Bouygues Telecom et Cellnex France dans un délai d’un mois », peut-on lire dans le jugement, consultable en ligne. La ville doit aussi indemniser à hauteur de 800 € les deux requérants. Une décision judiciaire que le maire a contestée, nous a-t-il assuré le 18 mai dernier.
M. Musial appuie aussi sur le fait que « le devenir du terrain en question, classé en zone inondable, fait l’objet d’un suivi judiciaire (sans nous donner plus de précisions). Son devenir est donc incertain. Et puis, au moment où l’État pousse pour que les opérateurs mutualisent les mâts, ils veulent tous le leur ». Sur la commune, selon le site Cartoradio, on compte sept antennes radiotéléphoniques, dont deux de Bouygues. Seules deux antennes, une rue Basly et une près du plan d’eau de la cité du Sapin-Vert, sont mutualisées par deux opérateurs.◼
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Les maires impuissants : « s’ils veulent mettre l’antenne à tel endroit, on ne peut rien dire »
Quand l’État fait valoir ses besoins en couverture, ce sont les maires qui sont en première ligne. Ces derniers ont pour seuls leviers la délivrance d’autorisation d’urbanisme suivant le respect du PLU et les autorisations environnementales.
« Les opérateurs ont la loi pour eux, s’ils veulent la mettre à tel endroit, on ne peut rien dire », tance Gérard-Alexandre Franque, maire de Bonningues-lès-Ardres. Ici, un collectif de riverains et le maire ont réussi à faire déplacer l’antenne relais à un endroit moins discutable.
« Pas de pouvoir »
« L’opérateur voulait initialement la mettre devant une maison ; finalement, il a été à l’écoute et l’antenne a été installée ailleurs » signale l’édile. Mais il a été « mis devant le fait accompli, je n’ai pas aimé leur façon de faire. Si j’avais été mis au courant en amont de leur projet ; on aurait pu organiser des réunions préalables pour en discuter. Là, j’ai appris pour l’antenne lors de la remise par l’opérateur de la déclaration préalable de travaux ». C’est là où le bât blesse. Le maire n’a pas son mot à dire sur l’implantation d’une antenne. « Il ne peut s’opposer à l’édification d’une antenne que pour des raisons liées à l’urbanisme dans le cadre de la déclaration d’urbanisme ou d’un permis de construire », appuie l’ARCEP, l’agence de régulation de communications électroniques. « Quand une antenne est implantée, les gens pensent que c’est de notre faute, mais on n’a pas de pouvoir là-dessous », rappelle Gérard-Alexandre Franque.
Les maires sont simplement informés par l’opérateur avec le dossier d’information mairie (DIM), charge à elle d’en informer ses administrés, d’où la confusion chez les habitants.
La mutualisation
Sur le fond, les élus ne sont pas opposés à ces antennes, ils savent qu’un bon réseau est facteur d’attractivité et de développement économique. Mais la multiplication des antennes sur leur commune peut générer des tensions. A Leforest, sept antennes quadrillent la ville. « C’est trop ! » pour Christian MUSIAL qui est entré en conflit via le tribunal administratif, à l’opérateur qui dispose déjà de deux pylônes sur la commune.
« En 2021, il m’avait garanti que deux suffiraient ; maintenant ils en veulent une troisième pour anticiper ». Le maire utilise le levier du PLU, arguant notamment que le terrain d’implantation est une zone agricole inondable. Mais, pour l’heure, la bataille continue entre refus d’un côté et requête en annulation de l’autre.
Ce conflit pose aussi la question de la mutualisation des pylônes. « Dans la commune, chaque opérateur a le sien, ce qui les multiplie », regrette Christian Musial. Si l’ARCEP l’encourage, elle ne peut obliger les opérateurs à partager un même site. Selon la fédération française des télécoms, les opérateurs « cherchent à mutualiser. En France, 50% des pylônes sont mutualisés mais c’est de plus en plus difficile pour des raisons esthétiques, car ça suggère d’installer des pylônes plus grands »
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Les maires impuissants ????
Trop facile comme position ! C’est parce qu’ils ne veulent vraiment pas se battre contre ces antennes.
Tout d’abord, il n’y aurait pas d’antennes si les communes ne leur offraient pas un emplacement. Il en est de même des propriétaires. Tout cela est évidemment une question d’argent : les promoteurs savent appâter le pékin. La société est tellement pourrie par le fric !
Il est vrai que, grâce à Hollande, ils n’ont plus possibilité de s’opposer à l’implantation d’éoliennes et d’antennes. Mais les maires peuvent agir tout de même … et c’est ce qu’ils ne font pas généralement.
Ils reçoivent du promoteur l’information avant tout le monde (ou presque) ; avec un Dossier Information Mairie (DIM).
Ils peuvent en informer rapidement le conseil municipal qui peut statuer en disant son opposition.
Le maire peut ensuite informer rapidement les habitants afin qu’ils s’organisent pour s’opposer à cette ou ces implantations… avec l’aide de la mairie.
Ils peuvent montrer les effets nocifs des antennes en matière de santé. Ils peuvent aussi dire à quoi cela va servir. Ce n’est pas seulement pour les téléphones (c’est la raison qu’ils invoquent), c’est surtout pour la transmission de données qui peut servir pour la surveillance, pour les data centers, pour l’IA.
Le maire de Lières (62), Didier CRETEL, s’est mouillé dans ce sens. Il a convoqué les membres du conseil municipal, il a informé les habitants.
Le maire de Leforest (62), Christian MUSIAL, se plaint dans les journaux, mais il n’a pas agi au début. En tout cas, il n’a pas informé les habitants.
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5G : les antennes de la colère
Toujours plus haut, toujours plus puissant, toujours plus près. Il y a dix ans, ils étaient encore loin, souvent perchés sur une colline. Aujourd’hui, ils se sont rapprochés au point d’être nos nouveaux voisins. « Ils », ce sont ces pylônes de plusieurs dizaines de mètres de haut, parfois de plus de 100 mètres, abritant des antennes relais pour les télécoms. A la campagne ou en zone pavillonnaire, certains apparaissent au bout des jardins, provoquant la colère et l’incompréhension. Il y aurait aujourd’hui 72 000 pylônes en France, le double d’il y a quinze ans. A Saintigny, dans le Perche, les habitants se révoltent contre la construction à venir d’un pylône de 212 mètres de haut, plus haut que la tour Montparnasse, implanté à moins d’un kilomètre d’un premier pylône tout aussi haut délivrant le même service.
Pourquoi de tels doublons ? Opérateurs, et géants industriels des télécoms se livrent une bataille sans merci pour emporter des parts de marché où tous les coups sont permis. En Alsace, la ville de Heiligenberg en a fait les frais se retrouvant en zone blanche après le démontage du jour au lendemain d’une immense antenne relais. En ville aussi, nul n’est épargné, ce sont depuis les toits des immeubles qu’ils rayonnent. Chaque nouvelle implantation crée la polémique. Habitants, maires, ils sont au cœur de la bataille que se livrent les opérateurs. Car certains s’inquiètent : quels effets pourraient avoir ces ondes sur notre santé ? Y a-t-il des normes à respecter ? Impuissance des pouvoirs publics, suspicion d’ententes entre opérateurs et exploitants des antennes, enquête sur les dérives d’une guerre commerciale juste au-dessus de chez vous.
Un reportage de Coline Hervé, Ulysse Caillou, Marc Woudenberg, Manon Le Goff et Rémy Vincent.
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