
L’État de New York va mettre en pause la construction de data centers pour limiter les hausses de factures d’électricité
L’État de New York a signé un moratoire ce mardi pour prendre le temps d’encadrer au mieux les révolutions amenées par l’IA. Il va notamment mettre en pause la délivrance de permis de construction pour les data centers pendant un an, une première aux États-Unis.
Il n’y aura pas de nouveaux data centers dans l’État de New York jusqu’à mi-2027. La gouverneure Kathy Hochul a signé un moratoire d’un an ce mardi pour se donner le temps d’encadrer ces nouvelles technologies. Une décision qui fait écho au sentiment d’inquiétude des Américains vis-à-vis de l’IA, alors que les responsables politiques y sont largement favorables.
L’État de New York fait office de pionnier dans le domaine puisqu’il s’agit du premier des 50 États américains à prendre une telle décision. Aucun permis de construire pour des data centers d’au moins 50 mégawatts ne sera donc délivré pendant cette période. Jusqu’ici, ce genre d’actions s’était concentré dans des localités plus petites.
« Montrer l’exemple »
Des dizaines de villes et de comtés ont ainsi instauré des restrictions. Dans l’État du Maine, un moratoire similaire avait été adopté en avril avant que la gouverneure ne le bloque.
« Alors que le développement des centres de données menace de faire grimper les factures d’eau et d’électricité, de puiser dans nos ressources naturelles et de créer de l’incertitude pour les New-Yorkais, il est de ma responsabilité d’agir et de montrer la voie », a justifié Kathy Hochul dans un communiqué.
La gouverneure veut « montrer l’exemple » avec ces normes, « les plus strictes du pays » qui devraient, selon elle, assurer que « lorsque les entreprises réussissent grâce à New York, les New-Yorkais en bénéficient aussi ».
Un impact écologique colossal
Les détracteurs des « data centers » pointent leur forte consommation électrique, leur utilisation massive d’eau à des fins de refroidissement, les nuisances sonores qu’ils génèrent ou encore le nombre relativement limité d’emplois créés. Selon une étude publiée fin juin par l’assureur-crédit Allianz Trade, les émissions des centres de données, dont 70% sont concentrées en Chine et aux États-Unis, ont atteint 286 millions de tonnes de CO2 en 2025 et pourraient monter jusqu’à 643 millions de tonnes d’ici à 2030.
Les besoins en eau augmentent également rapidement: les centres de données auraient consommé quelque 814 milliards de litres en 2025, un volume susceptible de passer à 1.800 milliards d’ici à la fin de la décennie, toujours selon Allianz Trade.
bfmtv.com