Les métaux ne peuvent pas remplacer le pétrole

On parle beaucoup de transition énergétique (1,2)

L’idée est de dépolluer les activités humaines et de les rendre durables et respectueuses de l’environnement.

Il faut imaginer un monde :

  • capable de produire des biens et des services sans énergies fossiles ;
  • dont les déchets seraient biodégradables à 100% ;
  • et qui n’épuise pas les ressources naturelles à sa disposition.

La dernière fois que l’humanité a vécu dans un tel environnement, c’était vers 1750.

La planète comptait environ 650 millions d’habitants. (3)

La machine à vapeur n’avait pas encore été inventée. On n’utilisait ni charbon, ni pétrole, ni gaz naturel, ni électricité.

On se déplaçait surtout à pied, parfois à dos de cheval, d’âne ou dans des charrettes tirées par des bœufs.

C’était il y a 6 générations, soit presque hier. (4)

Mais, depuis, tout a changé.

Et on nous explique, ou on tente de nous faire croire que l’on va sortir de l’ère des énergies fossiles dont nous sommes hyper-dépendants avec des panneaux solaires, de l’éolien, du nucléaire et des voitures électriques.

Le problème est que toutes ces activités reposent sur une exploitation intensive des métaux.

Au lieu de dépendre des hydrocarbures, on dépendrait des métaux.

Sauf qu’il y a un problème : ces ressources aussi sont limitées.

Les ingénieurs de Systext se mobilisent pour faire évoluer l’activité minière

Et ce n’est pas moi qui l’affirme mais des géologues connus, et en France la plus célèbre de ces experts, est Aurore Stéphant, ingénieure de l’association SystExt. (5,6)

Cet organisme regroupe des professionnels compétents dans le domaine minier et vise à faire évoluer le rapport des humains avec les matières premières.

Les objectifs de cette association sont notamment de mieux faire connaître l’univers de la mine à la société civile et de rendre le débat sur le sujet plus audible et mieux informé.

Les enjeux sont de taille. Il s’agit de (7,8) :

  • mieux gérer des ressources naturelles limitées ;
  • réduire autant que possible la pollution de l’eau, de l’air et des sols ;
  • limiter les tensions socio-environnementales créées par les mines ;
  • protéger la biodiversité des sites miniers ;
  • faire chuter les émissions de gaz à effet de serre de l’activité minière.

 Dans la nature, les métaux ne sont jamais seuls

Pour obtenir du métal, il faut creuser.

Une mine, c’est essentiellement un trou.

Mais cela ne suffit pas.

Car on n’extrait jamais du métal pur.

On extrait une roche qui contient du métal.

Et c’est là que les problèmes environnementaux commencent.

Cette roche, c’est le minerai.

Et pour la séparer du métal qu’elle contient, il faut utiliser des réactions chimiques qui sont polluantes.

Et pour mener à bien cette activité, il faut beaucoup d’eau.

Les mines créent donc deux types de déchets massifs (9,10) :

  • des poussières de roches ;
  • des eaux contaminées.

C’est à cause de cela que, bien souvent, les populations locales se méfient des activités minières.

Car la pollution chimique des mines et la poussière qu’elles engendrent peuvent rendre très toxiques l’eau, les sols et l’air ambiant. (11,12)

 La rareté des métaux rend l’extraction très polluante

Aurore Stéphant l’explique très bien dans ces interviews : il existe cinq métaux relativement abondants. Ce sont l’aluminium, le fer, le magnésium, le titane et le manganèse. (13)

Tous les autres métaux sont rares.

Ainsi, on peut trouver une mine contenant de 30 à 66% de fer ou de 25 à 30% d’aluminium.

Mais on descend à moins de 12% pour le cuivre, moins de 3% pour le nickel, moins de 0,3% pour l’uranium et moins de 0,0001 pour l’or ! (14,15)

On concasse des tonnes et des tonnes de roche pour ramasser quelques grains de minerai dans lesquels se trouvent des poussières de métal. (16,17)

La quantité de roche qu’il faut pour produire un petit lingot d’or est phénoménale.

Et cela veut dire des flots continus d’eaux contaminées, de nombreuses opérations chimiques et des sites très abîmés. (18)

Le coût environnemental de l’activité minière est colossal mais personne ne le prend en compte.

Jamais autant de métal n’a été extrait du sous-sol

Tous les métaux sont donc plutôt rares et les métaux précieux sont simplement extrêmement rares.

Malgré cela, on n’a jamais autant extrait de métaux.

Le rythme des extractions s’est accru de manière fulgurante en 100 ans.

Selon Aurore Stéphant, 205 000 tonnes d’or ont été extraites par les êtres humains.

Mais les deux tiers ont été extraites depuis 1950. (19)

On étend les surfaces d’exploitation, on creuse toujours plus profond sur des sites aux teneurs toujours plus faibles.

Mais jusqu’où ce phénomène peut-il aller ?

 Des métaux présents partout

L’activité minière continue à se développer parce que les besoins en métaux de notre civilisation sont gigantesques.

  • Le métal est présent partout (20,21) :
  • les transports,
  • de très nombreux biens de consommation du quotidien,
  • l’agro-alimentaire (emballages, agrégateurs, colorants, conservateurs…)
  • l’industrie pharmaceutique (médicaments, vaccins…),
  • le bâtiment,
  • les équipements urbains,
  • le secteur énergétique (pylônes à haute tension, éoliennes, photovoltaïque, plateformes pétrolière, puits de pétrole…),
  • etc.

Mais il existe deux domaines dans lesquels la consommation a tendance à augmenter fortement : le numérique et l’aéronautique.

Tous les datacenters, les serveurs géants, les antennes, ainsi que les ordinateurs et les smartphones consomment des quantités considérables de métaux.

Aurore Stéphant considère que cette gabegie métallique est une illusion.

Cette surconsommation n’est juste pas tenable.

Comment sortir de l’impasse ?

Heureusement, il existe des solutions face à ce problème délicat.

Mais pour l’instant, peu de choses sont mises en place pour y faire face.

La priorité est de prendre conscience du problème afin de réduire drastiquement la consommation de métaux.

Il y a, ensuite, quatre axes à mettre en œuvre :

1/ Réduire la consommation de métaux partout où elle n’est pas nécessaire.

Lorsqu’il existe une alternative durable, il faut choisir l’alternative durable. Et pour Aurore Stéphant, s’il n’existe pas d’alternative, il faut limiter l’activité, voire l’abandonner.

Cela représente des changements très radicaux dans l’économie !

2/ Réparer les équipements défectueux

Il est aujourd’hui très difficile de faire réparer un bien de consommation, par exemple un grille-pain ou un ordinateur qui n’aurait qu’une seule pièce défectueuse.

Il est urgent de mettre en place ce type de services pour que les biens durent le plus longtemps possible.

3/ Harmoniser la production des biens

Aujourd’hui, on utilise de très nombreux métaux que l’on combine de bien des manières différentes.

Résultat, cela rend le recyclage très difficile, coûteux et polluant.

En encadrant l’usage des métaux, on rendrait le recyclage plus facile.

4/ Mettre en place des filières de recyclage efficaces

De nombreux équipements électroniques ou numériques ne sont pas recyclés parce qu’ils ne sont même pas collectés !

D’autres produits ne peuvent l’être car ils sont trop complexes.

La filière est à repenser intégralement !

Stop à l’obsolescence, Oui au recyclage !

Notre technologie actuelle nous pousse à consommer toujours plus, au détriment de notre planète et de notre portefeuille.

L’obsolescence programmée des produits technologiques, notamment des téléphones portables, est un fléau qui participe activement au réchauffement climatique.

Nous devons mettre fin à cette spirale destructrice !

Il est impératif de développer une filière de recyclage efficace et surtout de prendre des mesures contre l’obsolescence programmée et les entreprises qui profitent de ce système.

Je signe la pétition

Notes

(1) https://www.gouvernement.fr/action/la-transiti
(2)
https://youmatter.world/fr/definition/transition-
(3)
https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Population-mondiale.html
(4)
https://www.francogene.com/denis.beauregard/combien.php
(5)
https://www.welovegreen.fr/speakers/aurore-stephant/
(6)
https://www.systext.org/
(7) Idem
(8) Fin des métaux rares : c’est l’heure du choix (avec Aurore Stéphant), L’ADN, Youtube
(9)
https://www.systext.org/
(10) Fin des métaux rares : c’est l’heure du choix (avec Aurore Stéphant), L’ADN, Youtube
(11)
https://www.systext.org/
(12) Fin des métaux rares : c’est l’heure du choix (avec Aurore Stéphant), L’ADN, Youtube
(13) Idem
(14) Idem
(15)
https://www.systext.org/sites/default/files/RP
(16) Fin des métaux rares : c’est l’heure du choix (avec Aurore Stéphant), L’ADN, Youtube
(17)
https://www.systext.org/sites/default/files/RP_Sy
(18) Fin des métaux rares : c’est l’heure du choix (avec Aurore Stéphant), L’ADN, Youtube
(19) Idem
(20)
https://www.systext.org/
(21) Fin des métaux rares : c’est l’heure du choix (avec Aurore Stéphant), L’ADN, Youtube

https://blog.leslignesbougent.org/les-metaux-ne-peuvent-p

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Il y a des infos importantes qui tombent. Celle-ci est intéressante. Elle fait « bouger les lignes » sur le grand angle mort d’une certaine écologie les yeux rivés sur le monde du pétrole polluant et toutes ses conséquences après des années de surconsommation catastrophique et de néo-libéralisme débridé. Oui, MAIS ne serions-nous pas en train de surajouter une pollution « propre » loin de nos yeux avec tous nos appareillages électronumériques ? Question rhétorique. Oui, bien sûr. Cela est maintenant très bien documenté. Pire, nous allons faire des trous partout sur la planète, continuer à créer des montagnes de déchets de toutes sortes – à commencer par les miniers -, ouvrir des carrières partout, loin de nos yeux et dans les pires conditions humaines et colonialistes pour nos chers smartphones si commodes (chacun correspondant à 183 kg de déchets) etc. qui non seulement bousillent notre planète, mais bousillent tout autant notre santé, nous contrôlent pour notre confort communicationnel, font de nous de la chair à data au détriment de ce qu’il nous reste de liberté et d’intimité (« une notion obsolète » d’après M. Google »). Tout ceci sur fond de bruit de bottes rapproché pour des guerres qui seront électronumériques très avancées depuis l’espace et les océans dans des sociétés plus réticulaires et fragiles que jamais : on coupera tout, tout de suite. Et ce sera vite fait. Black-out immédiat.

Nous écrivions dans notre contribution au débat public à Nantes que la transition électronumérique et son impact matériel est tout simplement insoutenable. La transition énergétique/électronumérique telle qu’elle est conduite est antagoniste avec une réelle transition écologique qui exige un changement radical de société sans faux semblants de sobriété et des 10 000 formes de greenwashing, y compris soutenues par des « verts électoraux » plus erratiques que jamais (pour être aimables). Nous avions même demandé l’obtention d’un droit à la déconnexion/non connexion. Et il faut continuer à conduire cette campagne, vu l’urgence de ce qui est en train de nous tomber sur la tête.

R5GN