Place de la micronutrition


Il est question de la prise en charge de la personne électrohypersensible
  

Résumé du document

L’électrohypersensibilité (EHS) est un syndrome méconnu dont l’incidence augmente en parallèle de notre exposition exponentielle aux champs électromagnétiques artificiels (CEM). Il n’existe actuellement pas de traitement spécifique de ce syndrome, lié à une neuro-inflammation capsulothalamique. J’ai choisi d’en explorer les mécanismes physiopathologiques et les traitements évoqués dans la littérature afin d’évaluer la place de la micronutrition dans la prise en charge de l’EHS. Une fois le diagnostic posé par un spécialiste et l’exposition aux CEM réduite au minimum possible, l’approche thérapeutique nécessite une prise en charge fonctionnelle, personnalisée et précise afin diminuer le stress oxydatif/nitrosatif et la neuro-inflammation. La micronutrition semble donc parfaitement indiquée. Selon les résultats des bilans biologiques nutritionnels, le spécialiste en micronutrition pourrait prescrire, de façon adaptée, des nutriments essentiels pour le cerveau (magnésium, zinc, vitamines du groupe B, vitamine D, acides gras essentiels), un rééquilibrage de la fonction intestinale, des compléments antioxydants (acide alpha-lipoïque, carnosine) et des phytonutriments (curcumine et isoflavones de soja). Cette approche devrait permettre une amélioration très significative de la qualité de vie des personnes EHS. L’EHS étant la partie émergée de l’impact sanitaire des CEM, l’hygiène électromagnétique devrait désormais être intégrée à toute consultation de médecine préventive.

Contexte et méthode

Selon l’Agence européenne de médecine environnementale (EUROPAEM), l’électrohypersensibilité (EHS) est une « maladie chronique multi-systèmes dont la cause sous-jacente reste l’environnement », considérant que les champs électromagnétiques artificiels (CEM) sont des stresseurs environnementaux.

L’EHS est un syndrome peu fréquemment rencontré dans notre pratique courante et méconnu des professionnels de santé. Elle concerne 2 à 13% de la population selon les études. Cette prévalence augmente en parallèle de l’augmentation exponentielle de notre exposition aux CEM, ce qui justifie de s’y intéresser. L’EHS se définit par la diminution du seuil de tolérance clinico-biologique de l’organisme aux CEM.

Les symptômes ne sont pas spécifiques (céphalées, acouphènes, hyperacousie, vertiges, perte de mémoire immédiate, troubles de l’attention et de la concentration pour les plus caractéristiques, mais également fatigue, insomnies, symptômes cardiovasculaires transitoires, lésions cutanées…). Ils sont liés à une neuro-inflammation impliquant le système limbique et le thalamus (zones du cerveau en lien avec les émotions, la mémoire, la vigilance, le sommeil) et pouvant s’étendre aux lobes frontaux et à l’hypothalamus. Ils sont plus ou moins sévères et se produisent pour des expositions différentes selon les patients en termes d’intensité, de durée d’exposition ou de fréquence du rayonnement. Les sources principalement évoquées par les personnes EHS sont majoritairement la téléphonie mobile, le Wi-Fi, le téléphone sans fil (DECT), les écrans cathodiques (télévision) et moins fréquemment les antennes relais et les lignes haute tension.

Les critères diagnostiques cliniques de l’EHS sont les suivants :

  1. Absence de pathologie connue pouvant causer les symptômes cliniques observés.
  2. Symptômes cliniques compatibles.
  3. Reproduc-tibilité des symptômes sous l’influence des CEM.
  4. Régression ou disparition des symptômes cliniques en cas d’évitement de l’exposition aux CEM.
  5. Association à une hypersensibilité chimique multiple (dans 30% des cas).

Des marqueurs biologiques sanguins sont présents dans 70% des cas : marqueurs associés à la neuro-inflammation (histamine, protéine S100B, protéines de choc thermique (« Heat schock proteins », Hsp70 et Hsp 27), marqueurs plasmatiques de stress oxydatif comme le malondialdéhyde (MDA, marqueur de peroydation lipidique), la nitrotyrosine (NTT, marqueur de stress nitrosatif) ou le glutathion oxydé (GSSG). On note également une diminution du rapport mélatonine/créatinine dans les urines des 24 heures dans 80 % des cas et de façon plus minoritaire la présence d’anticorps anti-O-Myéline dans 23% de cas.

On peut retrouver des anomalies sur l’IRM fonctionnelle cérébrale à type d’hyper connectivité du DMN, « default mode network ». L’Encéphaloscan ou tomosphygmographie ultrasonore cérébrale re-trouve un « index de pulsatilité » diminué, soit une hypoperfusion d’un ou des deux lobes temporaux chez 50% des personnes EHS et quasi constamment une hypoperfusion de l’aire capsulothalamique.

Il n’y a actuellement pas de traitement standardisé de l’EHS. Selon l’EUROPAEM,

« la principale méthode de traitement devrait se focaliser sur la prévention ou la réduction de l’exposition aux CEM ». Elle recommande également une approche par un traitement qui minimise les effets néfastes du peroxynitrite. Elle indique que des compléments anti-oxydants et une optimisation nutritionnelle sont à proposer par des professionnels formés dans ce domaine. J’ai donc choisi d’explorer comment les professionnels formés en micronutrition pourraient aider les patients EHS. Pour ce faire, j’ai réalisé une revue de la littérature scientifique sur les mécanismes physiopathologiques de l’EHS et les traitements actuellement publiés et ce, via le moteur de recherche « pubmed ».

Conclusion

Une fois l’exposition aux CEM réduite à son minimum possible, la prise en charge micronutritionnelle du patient EHS, dès lors qu’elle est personnalisée et précise, devrait produire des effets remarquables sur ses symptômes et sa qualité de vie. La micronutrition pourrait permettre de diminuer le seuil d’intolérance aux CEM afin de ne pas obliger les personnes EHS à s’isoler

complétement du monde pour fuir l’électrosmog en augmentation exponentielle dans notre environnement.

Les CEM sont pro-oxydants et peuvent générer un stress oxydatif et nitrosatif chez tout individu. La prise en charge micronutritionnelle prône la diminution des facteurs pro-oxydants, via une hygiène de vie multimodale et pas seulement alimentaire (gestion du stress, du sommeil, activité physique…).

A ce titre, il me semble que les soignants formés à cette approche devraient désormais également conseiller à tous leurs patients de réduire leur exposition aux CEM : c’est le concept émergent d’ hygiène électromagnétique.

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Pour en savoir plus 

2024.03-Anonyme-Mémoire-Micronutrition-et-EHS