Le retour de la Fée électricité

Le tout-électrique, c’est magique ! Et la voiture électrique aussi !

Ici et ailleurs, le Monde s’emballe. Personne ne maîtrise plus rien. Certains pensent avoir trouvé le remède avec le tout-électrique, la solution magique pour des lendemains radieux.

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Devant les difficultés et les errements du Monde, traversé par des crises économiques à rebondissement, des taxes arbitraires, des Guerres improbables mais impitoyables, en France – mais pas seulement – on pense avoir trouvé la remédiation à cet Univers sans foi ni loi, en électrifiant tout ce qui peut l’être.

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, l’avènement de l’électricité a été vécu par nos arrière-grands- parents comme un grand miracle républicain. Dès que Nikola Tesla – le premier électrosensible de l’Histoire de l’Humanité, victime de ses propres inventions – a su dompter le courant alternatif, le Monde a changé de visage. L’énergie électrique a remplacé avantageusement la vapeur pour faire tourner les usines et tracter les trains. Le gaz de ville a laissé la place aux ampoules électriques pour éclairer les bureaux et les maisons. L’électricité a été une révolution joyeuse. Partout, on érigeait des pylônes pour poser les lignes qui transportaient le courant vers les villes et les campagnes. Ce développement frénétique n’a eu d’égal que la conquête de l’Ouest américain. Pour désigner le phénomène, on a inventé un élément de langage aujourd’hui désuet, « la Fée électricité ». Les médias du temps jadis s’efforçaient de mettre un nom sur la magie de l’instant. Le développement de l’électricité a bien produit quelques évènements fâcheux comme les courts circuits, responsables d’incendies qui ont marqué les mémoires. Ainsi, l’électricité a-t-elle été la cause de la disparition de bien des édifices modestes ou prestigieux. Mais, on mettait ces travers sur le compte du « Progrès », qui excuse tout effet collatéral importun. Malgré quelques inconvénients ignorés du plus grand nombre et glissés avec soin, sous le tapis, par la sphère économico-médiatique, l’électricité, source d’énergie incontournable, s’est installée durablement sur toute la surface du globe.

 Mais, l’électricité n’est qu’une source d’énergie secondaire. Pour la produire, on doit recourir aux énergies fossiles et quelques autres. Cela accélère le dérèglement climatique et la montée des eaux qui menace les façades littorales. Les moteurs thermiques conduisent à l’asphyxie des villes et au blocage des poumons de leurs habitants. Selon Santé Publique France, les micro et nanoparticules des moteurs thermiques seraient la cause de 40 000 morts par an. Des Guerres étrangères, ont des effets collatéraux sur le réchauffement climatique et l’approvisionnement en pétrole et en gaz. L’heure est grave ! C’est à ce moment que le premier ministre, Sébastien Lecornu, annonce en grande pompe son mini -plan quinquennal destiné à sauver les meubles. « D’ici à 2030, le soutien à l’électrification sera multiplié par deux, et passera de 5,5 milliards d’euros à 10 milliards d’euros par an », déclare-t-il Et il ajoute : « Quand nous importons du pétrole ou du gaz, nous importons en même temps les crises des autres ». Pour le futur parc automobile il annonce aussi du changement : « D’ici 2030, deux voitures neuves sur trois devront être électriques ». Enfin, concernant le chauffage domestique, c’est Haro sur les énergies fossiles : « Dès fin 2026, «il ne sera plus possible d’installer des chaudières au gaz dans les constructions neuves », annonce-t-il.

Comme il se passe chaque jour des choses que personne n’aurait pensé qu’elles fussent possibles, personne n’a semblé surpris. En tout cas, la Presse, comme à son habitude, s’est montrée très polie. Pourtant, c’est un changement de cap étonnant pour un pouvoir qui a toujours affiché son orthodoxie libérale. Depuis quelques temps, il pique le vocabulaire et les concepts au clan d’en face : « planification écologique », « planification énergétique » et j’en passe. Il faut dire que la Chine – dont la réussite économique impressionne – est à la mode. Là- bas, les grands changements radicaux font partie intégrante du système. On l’a vu avec le défunt président Mao – alias le grand Timonier – et sa célèbre Révolution Culturelle. Plus récemment, la Chine a connu sa Révolution électrique. Les villes chinoises qui, parfois, comptent plus de dix millions d’habitants étaient surmontées n’un nuage de pollution thermique impressionnant. Comme les chinois sont des gens très discrets, on n’a jamais su combien cela produisait de victimes, mais les 40 000 morts français par an c’était sans doute petit bras en regard de la situation de Shanghai ou Pékin. Il a suffi d’une simple signature de Xi Jinping pour que, du jour au lendemain, les vélomoteurs, les scooters et les voitures thermiques soient remplacées par le « tout électrique ». Naturellement, n’est pas Grand Timonier qui veut et le premier Ministre dans ses costumes serrés aurait pu sembler un peu riquiqui aux représentants des médias.

 Mais les journalistes sont des gens très polis qui reproduisent sans sourciller tout ce qu’on leur déclare, de telle sorte qu’à l’autre bout des tuyaux de BFM, CNews et les autres, dans les villes et les campagnes, les Français ont été impressionnés par tant d’audace et de détermination. Si la Presse avait été plus critique, elle aurait pu se demander comment Sébastien Lecornu compte-t-il faire pour investir massivement dans le virage électrique… avec un déficit public record, l’obligation de maintenir les nouvelles hausses annuelles à 5 % du PIB la volonté affichée d’investir 5% du budget de l’Etat en dépenses militaires tandis que les catégories les plus aisées échappent à l’impôt grâce à un arsenal législatif spécialement rédigé pour elles. Ce premier Ministre est un magicien ! On aurait pu aussi faire remarquer que le « tout électrique » a un coût pour les Français. Sur une période de 10 ans (2012 – 2024), le tarif réglementé a subi une hausse de +75,59 %. Si elle avait le sens de l’humour, la Presse aurait pu relever qu’une partie non négligeable de cette hausse ne résulte nullement de l’évolution des coûts de production de l’électricité mais – sous la pression de l’Allemagne et de l’Europe – de l’indexation sur le tarif du gaz, la source d’énergie principale des centrales électriques d’outre-Rhin. Cette augmentation des tarifs produit déjà des effets visibles dans le comportement des Français. A la campagne, en parallèle au chauffage électrique, on installe des poêles à bois ou à pellets afin de réduire au minimum la facture d’électricité. En ville, dans les logements collectifs, on se passe souvent du chauffage, remplacé de manière économique par de gros pulls, les mois d’hiver. Pour avoir les moyens de sa politique, le gouvernement annonce six nouvelles centrales nucléaires de grande puissance pour 2035. Il y a quand même quelques petits inconvénients. Quelques universitaires américains impertinents prévoient pour cette date une montée des eaux qui risque de mettre en péril les centrales littorales comme Gravelines et Blaye.

Dans les terres, un autre souci menace ces centrales. Elles sont refroidies grâce aux fleuves et aux rivières. Avec le réchauffement climatique le débit des eaux diminue. Par le passé, en période de canicule, plusieurs centrales ont été contraintes de tourner au ralenti. Enfin, le nucléaire, c’est bien dans les états-majors politiques et dans les médias mais si une seule de ces centrales explose, comme à Tchernobyl, c’en est fini de l’économie française. La situation est plus complexe que ce qu’on en dit et le « tout électrique », dans la paix et la prospérité, ce n’est pas gagné ! Mais, comme toutes ces mesures visent l’horizon 2035 et 2036, tout ce que l’on dit – pour ou contre – ne mange pas de pain.  Après 2027, Sébastien Lecornu ne sera plus là !

Il y a quand même une grande catégorie de Français qui sont les oubliés de ce débat sur le « tout électrique », ce sont les personnes électrosensibles. Bien entendu, en théorie, elles n’existent pas, ou si peu. En 2018, sous la pression des associations et des scientifiques indépendants l’ANSES a avancé 5% de la population qui serait électrosensible. Cela représente un peu plus de trois millions de français.  Quelques études étrangères indiquent une tendance haussière : 7,5 % en Suisse ; 9,5 % en Allemagne (2024) et, plus récemment, 7.5% au Canada, 12.8% aux États-Unis et 17.4% en Australie (2026). On s’approche des 50% annoncés pour 2050 par un Institut suédois. Le tout électrique va doper cette statistique. Avec la 4G, la 5G, le Wifi, Le Bluetooth, le Linky, le DECT, les objets connectés de tous poils partout et tout le temps, le système immunitaire des êtres vivants va être à rude épreuve. Pour prendre l’exemple de la voiture électrique, le niveau dans l’intérieur de l’habitacle d’une Tesla 3 varie de 4V / m à 32 V / m. C’est considérable quand on pense que les 0,75 V / m d’une antenne-relais ou d’une éolienne décime un troupeau de vaches (un fait ignoré du grand public mais pas des éleveurs).

Le « tout électrique » est une fuite en avant qui fait consensus dans la totalité des partis politiques, dans les médias et, bien sûr chez les industriels des ondes. Il promet des lendemains qui chantent. Que sera, sera, les lendemains, ce n’est pas pour tout de suite !

http://blog.prophoto.fr/le-retour-de-la-fee-electri

Cf. sur ce site : Sensibilité aux OEM : une étude de prévalence menée en Australie, Canada et aux États-Unis.

Cf. sur ce site : https://internationaldisconnectionm

Sensibilité aux OEM : une étude de prévalence menée en Australie, Canada et aux États-Unis.

Le Manifeste d’AMICA sur la 5G.

– Sur le très problématique compteur/capteur Linky – une défaite de notre démocratie.

Cf. Alain Cadet : http://blog.prophoto.fr/la-voiture-electrique-cest-toxique/

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Cf. aussi d’Alain Cadet sur son site :

http://blog.prophoto.fr/nikola-tesla-le-premier-electrosensible-de-lhistoire-de-lhumanite-1856-1943/

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Commentaire

On peut aussi rajouter qu’on a multiplié par 4 la production électrique de 1970 à 2020 ; que l’on va encore en rajouter , surtout à cause de la numérisation de la société, ce qui explique cette utilisation à marche forcée des caméras pour nous surveiller, ce qui explique l’explosion des antennes relai, et des éoliennes :  on a besoin de beaucoup d’électricité … et d’eau, pour les giga datacenters (le plus gros de France va arriver près de Cambrai) et pour l’IA.

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Commentaire reçu

Il manque un paragraphe ou deux pour avoir la vision la plus globale de la Voiture électrique avant d’arriver au bouquet final qui est le fond du sujet dont on ne parlera surtout pas : passer des heures le cul posé sur une immense batterie dans une cage de Faraday bourrée d’électronique et de capteurs. En plus de :  comment déplacer la pollution en la remplaçant par une autre. Et la manie du « toutoutisme' » : tout-électrique donc (presque) tout nucléaire et tout-numérique. Sans parler du robot au volant. Il faut préciser Darwin : nous descendons bien du singe paresseux consumériste.

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La voiture électrique en voie de nous être imposée est-elle saine, économique et écologique ? Nous en doutons fortement.

par Le Collectif Nantes1 anti-Linky5G

Aux potentiels problèmes sanitaires soulevés par Alain Cadet, s’ajoutent d’autres problèmes dont ceux très matériels et bien peu écologiques soulevés par Celia Izoard.

Le véhicule électrique généralisé aux particuliers, en voie d’être imposé à Mme et M. Toutlemonde à grand renfort de publicité industrielle, largement relayée dans les médias, nous est vendu comme la solution « écologique » miracle, mais comme trop souvent, sans vouloir tenir compte de ses facettes sombres et cachées.

Un étonnant consensus semble exister entre les mondes industriel et économique (normal, ils ont un bon produit à placer), les décideurs politiques sous influence et ceux militant pour l’écologie qui croient y voir une bonne solution pour notre « mobilité ».

Le véhicule électrique est principalement une préoccupation de citadins. S’il pollue moins les villes par ses pots d’échappement, il dégage davantage de particules fines et ultrafines par ses freins et ses pneus 1 puisqu’il est lourd 2, ce qui est plus mauvais pour nos poumons qu’avec les véhicules légers. Ce qu’on gagne ici, on le perd là.

Mais ce qui est plus problématique est le fait que le véhicule électrique se trouve bardé d’électronique et de capteurs impliquant des gigafactories de batteries, des centrales nucléaires et parcs éoliens, ainsi que des mines qui sont ou seront situés dans nos campagnes – soit autant d’entreprises polluantes pour les terres agricoles comme pour nos rivières, et nuisibles pour l’écosystème et la biodiversité. Ce désastre écologique existe déjà en Afrique et ailleurs.

Il y aura donc un peu moins de pollution directe dans nos villes, mais à quel prix environnemental en dehors ?

Et une fois encore, le prétexte écologique s’opère dans l’oubli complet de son impact sanitaire. Poser son fessier sur un intense champ électromagnétique dans un habitacle soumis en permanence aux ondes radio ne PEUT être une saine situation.

S’ajoute à cela la manie industrielle – et très française – de la mono-solution imposée faisant fi de l’impact très matériel. Le « toutoutisme » : tout thermique, tout-nucléaire électrique, puis tout-numérique – et donc tout-électronumérique (nucléaire ?) – dispense d’envisager des solutions plurielles de la part de nos décideurs sous obédience techno-industrielle.

Mme et M. Toutlemonde n’auront ainsi pas d’autre choix que de passer à l’électrique.

Pourtant, ils veulent une voiture simple et sûre, sans gadgets élecronumériques inutiles. On ne va pas construire une voie ferrée exprès pour eux, ni développer un nouveau réseau de bus dans leur lieu-dit car ils ne vivent pas à Marseille ou Lyon. Le covoiturage, c’est très bien (ils le disent à Paris à la télé et les écolos aussi), mais pas commode quand il y a les enfants à amener à l’école et à la piscine et qu’il faut s’occuper de la belle-mère, veuve retraitée, isolée dans son hameau. Ils veulent retrouver le temps où Jojo savait réparer vite fait pour pas trop cher la « bagnole » indispensable à leur liberté de mouvement. Ils veulent continuer à aller à la pompe pour faire le plein avec le nouveau carburant bio que les parlementaires écologistes auraient réussi à obtenir par la recherche publique désintéressée, et raisonnablement taxé pour renflouer les caisses de l’État. Leur voiture sans chichis, suffisamment confortable, serait limitée en vitesse et aurait une boîte automatique qui les ferait moins consommer. Ils n’auraient pas besoin d’avoir un Linky pour le soutirage et ainsi gaspiller de l’électricité d’autant qu’ils ont limité leur besoins électronumériques pour préserver leur budget car les dépenses contraintes des appareils numériques sont considérables. Il faut les renouveler très vite dans l’intérêt du sacro-saint marché, mais pas dans le leur. Simplicité et sobriété sont des vertus écologiques, pensent-ils au contraire.

Mais ils se heurtent toujours aux injonctions du capitalisme techno-autoritaire sur l’arc santé/libertés/écologie, au nom de « l’intérêt général », de leur bien-être, de leur sécurité, sans oublier bien sûr la préservation de notre environnement. Injonctions proclamées « vertes » et que les Verts injonctent aussi – jamais présentées comme des obligations car nous ne sommes quand même pas (encore) dans un régime dictatorial.

On explique à Mme et M. Toutlemonde qu’ils auront peu d’effort à faire pour bien conduire tant il y a de capteurs et de systèmes électroniques dans leur nouveau véhicule électrique sophistiqué qui leur signalera la moindre anomalie. Cela grèvera considérablement leur budget, loin de leur souhait de la voiture pas trop chère, simple et à carburant bio. Et on leur dit que s’ils avaient des sous un jour, ils pourraient même s’offrir une voiture autonome guidée par des milliers de satellites (polluants) et des millions d’antennes terrestres (non moins polluantes). Comme des poulets à la sauce électronumérisée dans un récipient fermé, cuits au micro-ondes – qui est une des modalités de la « prison numérique » générale qui nous est promise.

Il faut donc, dès maintenant, envisager une autre alternative au moteur thermique qui devra être écologiquement sobre, sans champs électromagnétiques ou le moins possible. Les véhicules particuliers seront légers, suffisamment solides et sécurisés. Ils embarqueront le minimum d’électronique et le carburant sera bio, le moins polluant possible et produit localement (Sortez les brevets ou créez-les). Mais de cela, nous n’entendons pas parler dans les plans du business « vert de décarbonation » automobile soutenu par nos médias et décideurs politiques de tous bords, à commencer par nos « écologistes officiels »…

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Notes

1 Chiffres clés de la pollution et de l’intoxication par les particules fines et ultrafines issues des pneumatiques :

1000 milliards

Nombre estimé de particules fines et ultrafines libérées par kilomètre parcouru par un véhicule moyen à propulsion intégrale.

35, 05 kg

Quantité totale moyenne de débris émis par les pneus d’une Tesla Y au cours de leur durée de vie.

25

Nombre minimum d’additifs présents dans les pneus et retrouvés dans les particules ultrafines dont certains peuvent être cancérigènes.

2000 milliards

Nombre de pneus fabriqués chaque année dans le monde.

50 000 tonnes

C’est le nombre de particules fines et ultrafines rejetées dans l’environnement via l’usure des pneus par le parc automobile français.

Sources : Agir pour l’environnement.

  1. Poids moyen d’une berline standard (type Volkswagen Passat) en :

1950 : 1300 kg

1970 = 1200 kg

1990 = 1400 kg

2010 = 1600 kg

2026 : THERMIQUE = 1700 kg ; ÉLECTRIQUE = 1900 à 2300 kg

Sources : Agence européenne pour l’environnement & International Council on Clean Transportation.

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Les fausses promesses de la voiture électrique.

https://reporterre.net/Les-fausses-promesses-