
Électro-hypersensible, Marion cherche un chez-soi, loin des ondes
Installée à Langonnet (Morbihan), Marion Laurens risque de se retrouver sans logement à la fin du mois d’avril. Les recherches de cette trentenaire électro-hypersensible relèvent du parcours du combattant.
« Je veux vivre et non pas survivre. » Elle s’est résolue à solliciter la presse comme on lance une bouteille à la mer. Installée depuis cinq ans à Langonnet (Morbihan), Marion Laurens, 34 ans, explique souffrir d’électro-hypersensibilité (EHS), c’est-à-dire une intolérance aux ondes. Wifi, appareils électroménagers, etc. La liste des indésirables, qui lui font ressentir comme des brûlures, des migraines et d’autres maux encore, est interminable.
Quand on la retrouve à son domicile, elle nous demande de stationner notre véhicule à bonne distance – « à cause du bluetooth » -, et d’y laisser notre téléphone en mode avion. « Je suis désolée, après c’est fini », s’excuse-t-elle à plusieurs reprises, consciente de l’effet produit sur les visiteurs. Au début, « j’avais l’impression d’être folle », reconnaît la trentenaire.
Avant que son quotidien ne vire au combat permanent, Marion Laurens ressemblait aux jeunes femmes de son âge, hyperconnectée, avec un boulot, un compagnon, des amis, appréciant les voyages. C’était même une sportive, avec un titre de vice-championne de France de demi-fond à son palmarès. À l’arrivée des premiers symptômes, en 2020, elle ne s’en inquiète pas trop, la détection de la maladie de Lyme quelques mois plus tard sert d’abord d’explication.
Mais les douleurs deviennent « une torture », son quotidien « un enfer ». C’est la rencontre avec une personne EHS qui lui apprend l’existence de ce « problème complexe », comme le décrit l’Anses dans un rapport publié en 2018 et faisant toujours autorité en France. L’agence y reconnaissait notamment l’incapacité actuelle de la science à en identifier les causes. Une sorte de « zone grise » qui désespère Marion Laurens. « Ça participe à nous psychiatriser, à nous invisibiliser », estime-t-elle.
À la fin du mois, la trentenaire se retrouvera sans domicile. La petite maison qu’elle occupe a été vendue et, depuis cinq mois, ses recherches restent vaines. Pour les EHS, la question du logement est « l’enjeu numéro un », comme l’alerte depuis des années Danièle Bovin, figure bretonne des EHS, qui a fondé l’association des Citoyens éclairés.
Pour ces personnes, leurs critères de recherche écartent d’office la plupart des biens immobiliers. Marion Laurens cherche ainsi une maison en location dans le secteur de Langonnet à « faible impact électromagnétique », c’est-à-dire éloignée des autres habitations, avec d’épais murs de pierre, dépourvue si possible de compteur Linky, etc.
Autre difficulté, le budget restreint de la trentenaire, limité à 500 € de loyer mensuel. Une précarité inhérente aux EHS. « J’ai tout perdu, mon travail, mon compagnon », dit pudiquement Marion Laurens, reconnue désormais travailleuse handicapée. Elle ajoute : « Je vis un confinement à perpétuité, et le problème du logement m’empêche de me projeter. »
Les personnes susceptibles d’aider Marion Laurens à trouver un logement peuvent la joindre à cette adresse électronique : marion.laurens40@gmail.com
OuestFrance