Me séparer de mon téléphone m’a fait un bien fou

Ils ont entre 8 et 12 ans et nous racontent leur camp de vacances

Quand on parle de vacances mémorables, forcément, les colonies de vacances en font partie ! Il y a ceux qui appréhendent, ceux qui en redemandent… À la Forêt-Fouesnant, dans le Finistère, le camping Kersioual accueille depuis 25 ans l’association normande « Les Camps de Popol ». Un groupe est arrivé il y à quelques jours. Ambiance.

La journée démarre en douceur et en musique au camping Kersioual… Une tête sort d’une tente, encore ensommeillée, puis une autre…. Chacun à son son rythme.

Plus loin sur le terrain, sous une tente L’équipe en charge du petit dej s’active depuis un petit moment, il y a toujours des avantages à être dans l’équipe cuisine, nous confie Céline Leviel, la cuisinière. « Ils prennent plaisir à venir tartiner… mettre les mains dans le beurre et dans la confiture et puis se lécher les doigts, après c’est pas mal… oui !! » confirme une fillette qui se lèche les doigts.

Ils viennent du canton de Damville dans l’Eure, ils ont entre 8 et 12 ans. Pour certains, c’est leur première colo, d’autres ont déjà pris le goût de l’aventure. Et tout en prenant le petit déjeuner, les langues se délient… « C’est bien, on s’amuse bien ici, on se fait de bons souvenirs… ». »C’est pas chez nous qu’on va se retrouver le soir, autour d’un feu, en train de chanter des chansons, et puis on est ensemble dans la tente, on parle et tout, c’est trop bien ! » enchainent Arsène, Paul et Luc, l’œil brillant.

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Une école de la vie

On est loin de la maison, mais les tâches quotidiennes rythment aussi la journée, brossage de dents et pour certains… corvée de vaisselle ! Déjà au bout de deux jours, chacun sait ce qu’il a à faire…

Auprès des éviers, chacun à son rôle, « Eux deux ils rincent, le temps que nous on savonne, explique Juliette et après, y’a Robin qui nettoie ». « On prend notre autonomie, glisse Axel devant une pile de vaisselle qu’il rince consciencieusement… on est un peu plus autonome après, et ce sera plus facile pour l’avenir… »

Une école de la vie qui porte un nom, Les camps de Popol. L’idée est venue d’un prêtre, Paul Raoul qui à l’origine a proposé aux enfants de son village de partir camper dans un champ, l’histoire dure depuis 60 ans. « J’ai commencé, j’avais 11 ans, raconte Maxime Humbert qui est aujourd’hui le vice-président de l’associations Les camps de Popol. J’en ai 50, maintenant… J’avais 11 ans comme eux, à courir partout, ensuite, j’ai été animateur, directeur… Et puis, les jeunes qui sont là, dans l’équipe, on les a vus grandir. Popol nous disait toujours, c’est l’école de la vie, on apprend ensemble, on fait tout ensemble. L’idée, c’est vraiment de vivre ensemble ! « 

Place aux activités

Mais fini le petit dej, et place aux activités ! Pour un petit groupe, sous un barnum, ce sera… Popol TV. Une petite caméra, des micros, et c’est parti ! « y’en a un qui monte le son, il y a un animateur qui parle, qui nous pose des questions… » « C’est cool, glisse Ambre, un micro à la main. On s’amuse avec des copains et des copines, on apprend à se respecter, on apprend aussi à rester ensemble. »

Dehors, place à un jeu du béret pour une autre partie du groupe. Tomate ou mayonnaise, ils sont tous chaud patates !

Ateliers et jeux se succèdent. Des temps pour apprendre, débattre, rigoler et grandir. « Au départ, j’avais pas beaucoup d’amis, j’en avais que deux que je connaissais déjà et là je me suis fait plein d’amis », sourit Hortense.

« Moi, personnellement, ça me dérange pas du tout de dormir dans une tente renchérit Lucie. C’est plus euh, une aventure, c’est ça ! »

Un séjour sans écran

Une aventure en pleine nature, et sans écran. Un temps bienvenu pour y réfléchir. « Moi, je suis accro au téléphone, reconnaît Chloé. J’ai une addiction, je me rends compte que c’est pas bien ! Et le fait de m’en séparer pendant deux semaines, ça me fait un bien fou ! « 

« Déjà, le fait de vivre sous tente, le fait de vivre avec des copains, de vivre en communauté, ça marque. Y’a vraiment un pied d’égalité », résume Suéli Née-Delouis.

Et tandis que les chants s’élèvent au dessus du feu de camp, parce qu’en colo, il n’y a pas de journée réussie sans une veillée, le président des camps de Popol conclue « on est à un prix dérisoire par rapport à d’autres colonies, on est bénévoles, on ne se paye pas, on se paye avec le rire des enfants, la joie. Le but c’est que l’aventure puisse continuer, d’ouvrir à beaucoup d’enfants la possibilité de venir à nos camps. »

Des vacances pour tous et pour tous les budgets, c’était ça aussi, la philosophie de Popol.

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