On s’inquiète pour la santé des enfants

Un article dans Voix du Nord

La ligne THT Avelin-Gavrelle s’est imposée dans le paysage, en particulier à Mons-en-Pévèle où 10 maisons ont été démolies. Ceux qui sont restés vivre à proximité de la ligne s’inquiètent pour leur santé. Or le suivi sanitaire n’est pas vraiment au rendez-vous.

  1. Des inquiétudes

Il y a cette cicatrice dans le paysage impossible à rater en bas de Mons-en-Pévèle, vers Thumeries : la courbure de la ligne autour du mont a imposé de multiplier les pylônes. Frédéric Masure les voit tous les jours au bout de son jardin, rue de la Marque. Il est à moins de 100 mètres, mais il a acheté en 2018, après la déclaration publique de 2016, donc n’aurait pas pu vendre sa maison à RTE, comme 19 autres l’ont fait à Mons-en-Pévèle. Pourtant, à l’époque, le tracé définitif de la ligne n’était pas finalisé. Et le propriétaire ne se souvient pas en avoir parlé avec le notaire. « On habitait déjà Mons-en-Pévèle et on avait vue sur les anciens pylônes … »

Lui et sa femme ont acheté une maison en ruines, dans laquelle ils ont « tout refait ». Frédéric Masure ironise : « Au moins, on n’aurait pas de lotissement derrière… et pas de vis-à-vis ! On voulait du calme, on aimait bien l’emplacement, c’est vraiment une maison dont on rêvait. Donc, les pylônes au bout du jardin, on s’y est fait. Ca siffle quand il y a beaucoup de vent, mais c’est tout. Pour ma femme, ça a été un peu plus dur… ». Par contre, le propriétaire s’interroge : « Pourquoi on ne nous a jamais proposé de suivi sanitaire, sinon on ‘aurait fait … On ne sait pas l’effet des ondes. »

C’est ce qui inquiète aussi ses voisins d’en face, Amandine Lecourt et son conjoint, Matthieu Milleville. Eux aussi se sont habitués au paysage. Matthieu Milleville a aussi entièrement rénové cette maison, dont la valeur immobilière a tout de même baissé selon sa compagne ; « or trouver une maison à prix raisonnable à l’époque, cela aurait été difficile ailleurs à Mons, on n’avait pas envie de partir ». Finalement, en discutant, c’est aussi la santé qui les inquiète : « on a un bébé quand même », glisse la jeune maman.

  1. Un suivi proposé par RTE et l’ARS

Le suivi sanitaire était pourtant proposé avec la création de la ligne. RTE a fait son boulot, ) minima au moins en février 2019, via un communiqué dans le journal de projet distribué dans les boites aux lettre : ce texte indiquait que les habitants à moins de cent mètres de la ligne pouvaient bénéficier d’un suivi « pour répondre à leurs préoccupations ».

Mais, précise RTE, il ne s’agissait « en aucun cas de mettre en place des examens systématiques, le médecin étant le seul compétent en la matière ». Les riverains qui le souhaitaient pour faire part de leur demande de suivi médical directement à l’Agence régionale de santé ; seule décisionnaire des suites à donner. Or, rapporte aujourd’hui RTE, la mise en place du dispositif de suivi médical a effectivement pris du retard en raison de la crise sanitaire de 2020-2021, période pendant laquelle l’ARS a dû prioriser d’autres missions.

« On a un bébé quand même »

« Pour rappel, l’objectif de ce suivi n’est pas de réaliser un bilan médical spécifique, mais de permettre à chaque personne que le souhaite d’échanger avec son médecin traitant. Il s’agit d’un dispositif de prévention, d’information et de dialogue pour répondre, de manière personnalisée, aux questions liées aux éventuelles conséquences sur la santé de la proximité de la ligne électrique », précise RTE.

  1. Un dispositif qui repose sur les généralistes

En fait, moins d’une dizaine de personnes (leurs noms sont évidemment confidentiels) se sont dites intéressées. La liste a été transmise à l’ARS. RTE ne devait être alerté qu’en cas de nécessité pour réaliser des études complémentaires, « ce qui n’est pas le cas, plus de quatre ans après la mise en service de la ligne ».

L’ARS rappelle qu’une convention a bien été signée par l’ARS et RTE en décembre 2016. « Dans ce cas, une information sur les champs magnétiques et l’évolution des connaissance scientifiques en termes d’impact sanitaires de l’exposition aux lignes THT a été délivrée a professionnels de santé du territoire concerné afin qu’ils puissent prendre en compte ce paramètre dans le suivi de leurs patients domiciliés à proximité de la ligne et répondre de manière personnalisée et pertinent à leurs inquiétudes éventuelles ».

Bref, c’est aux médecins généralistes d’assurer le suivi. Certes, la ligne THT existait déjà avant ; sans aucun suivi. Mais le tracé de la nouvelle ligne a été modifié. Cette reconstruction aurait pu permettre de réalisé un suivi sur du long terme. On a sans doute raté le coche de faire des études approfondies sur les effets des champs électromagnétiques sur la santé.

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Son fils atteint d’une leucémie, une maman partage ses craintes

En mai, Pauline a posté sur les réseaux sociaux ce message : « Bonjour, est-ce que quelqu’un vivant près de la THT a contracté une maladie type leucémie ? Je recherche des gens qui seraient intéressés par une action en justice ». Son fils d e17 ans attend une greffe après une rechute de leucémie. Or il vit à proximité de la ligne THT. Pauline se demande si elle en est la cause : « Ca tourne en boucle, alors j’ai lancé une bouteille à la mer… » Pour l’instant, malgré pas mal de commentaires, personnes n’a fait état d’un autre cas.

Mais, forcément, elle a lu sur internet les inquiétudes reliant les lignes THT et les leucémies. En effet, il existe un soupçon concernant la leucémie infantile en cas d’exposition prolongée à des champs magnétiques relativement élevés. Les autorités sanitaires appliquent un principe de précaution pour les lieux accueillant des enfants. L’ANSES considère qu’il existe « une association statistique possible mais non démontrée comme causale entre une exposition prolongée à des champs magnétique et la leucémie infantile ». Mais le niveau de preuve reste qualifié de « limité ».

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Un effet secondaire qui inquiète certaines collectivités

Si cette obligation rassure sur l’utilité réelle des futurs sites, certaines associations d’élus y voient aussi une limite. L’Association des maires de France (AMF) estime que ce mécanisme pourrait renforcer le pouvoir de négociation des opérateurs et des towerco au détriment des collectivités. En pratique, obtenir un accord préalable d’un opérateur pourrait rendre plus difficile pour certaines communes de peser dans les discussions. Autre point surveillé : les redevances versées aux collectivités pour l’occupation du domaine public. La loi autorise désormais davantage de souplesse pour moduler ces redevances dans certains projets liés à la couverture mobile. Mais l’Avicca regrette l’absence d’un véritable observatoire national des loyers. Selon l’association, les collectivités continuent de négocier sans référence claire sur les montants pratiqués. Son délégué général Ariel Turpin estime qu’en l’absence d’indicateurs publics, les communes restent en position de faiblesse face aux opérateurs et aux towerco.

https://www.msn.com/fr-fr/finance/autres/r%

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Commentaire

« Or le suivi sanitaire n’est pas vraiment au rendez-vous. »

C’est un raccourci relativement facile. Il avait été décidé, lors de la dernière réunion publique à Thumeries, que RTE allait s’engager à effectuer un suivi sanitaire. Qu’a fait RTE ? Rien. Il se contente de dire MAINTENANT que ce n’est pas lui qui doit faire le boulot mais l’ARS et/ou les médecins généralistes. Ce n’est pas ce qui avait été convenu à l’époque, lors des engagements de RTE … comme d’habitude.

Il faut rappeler la bataille qui a été menée depuis 2009 pour s’opposer, notamment avec le collectif emmené par Jean Marie THIBAUT. Dans la Pévèle, deux communes et leurs habitants ont été le fer de lance de la contestation ; Tourmignies et Mons-en-Pévèle.

Cela fait bien longtemps que l’on alerte sur les dangers sanitaires des lignes THT. Il y eut un médecin d’Avelin qui a fait la constatation qu’il y avait plus de cancers dans son secteur ; pas étonnant quand on voit le nombre de pylônes dans ce petit bout de territoire.

Autre exemple que l’on a oublié : Florimont-Desprez – une entreprise qui se bat pour imposer l’achat de semences tous les ans et se déclare agriculteur ( la confédération paysanne s’en souvient !!!) – a fait dévier le projet de ligne du côté de Coutiches car il ne voulait pas être perturbé sur ses terres agricoles. C’est aussi là qu’un médecin avait alerté sur les problèmes liés à la THT.
Tout cela est peine perdue en France car tout le monde sait que l’ANSES ne voit pas de danger spécifique lié aux ondes – par rappel, l’ANSES est composé d’un certain nombre non négligeable de personnes qui sont juges et parties (conflit d’intérêt).

Pour continuer sur ce dossier qui a ameuté et fait écrire de nombreuses personnes lors de l’enquête publique dans les années 2010, il faut mentionner un fait que le journal ne mentionne pas du tout. Ce projet de ligne THT qui encombre non seulement la Pévèle mais aussi une partie du bassin minier et le secteur entre Arras et Hénin visait un renforcement de puissance. On passait d’une ligne de 400 000 Volts à un de deux fois 400 000 Volts. Bien entendu, multiplier par TROIS la puissance n’a aucun effet sur la santé !

A quoi sert ce renforcement de ligne : à rien ! Pourquoi ? Parce que la donne a changé.
Il faut savoir que, au début du siècle, il était question de mettre à la retraite certaines centrales nucléaires de Gravelines. Et on comptait sur l’EPR de Flamanville pour avoir beaucoup d’électricité. Le but était de continuer à fournir de l’électricité à la Belgique à partir d’Avelin. Donc, le courant ne devait plus arriver de Dunkerque à Avelin mais de Flamanville à Avelin en passant par Gavrelle (d’où le projet qui aurait dû s’appeler Gavrelle-Avelin en non l’inverse).

Donc, il fallait renforcer un « maillon dit faible » entre Gavrelle et Avelin. Tout ceci a été démontré que c’était faux : la ligne existante était suffisante !
Patatras : Flamanville qui devait être mis en circulation en 2012 et coûter 3 milliards n’est toujours fonctionnel (et ne le sera certainement jamais !) ; et coûte déjà 24 milliards. 

Donc, on maintient Gravelines à coups de millions, évidemment sans aucun risque ! Il faut rappeler que deux centrales datent de 1980, deux autres de 1981 et les deux dernières de 1985.

Donc le renforcement de la ligne n’a servi à rien !!! 

Ce renforcement, qui devait coûter 90 millions, a finalement permis de dépenser inutilement 280 millions !

Cette ligne pollue aussi la région située autour d’Izel et de Quiéry. Tout cela n’est pas bien grave car ce secteur est déjà pollué par le TGV et l’autoroute. Comme c’est déjà pollué, on veut en remettre une couche : installer des éoliennes INDUSTRIELLES. C’est ce contre quoi s’oppose l’association ESCREBIEUX, avec l’aide des communes et de leurs habitants à Bois-Bernard, Brebières, Drocourt, Fresnes, Fresnoy, Izel, Neuvireuil, Quiéry, Rouvroy, Sailly,et Vitry.