Demande de droit de réponse

Le Collectif Nantes1anti-Linky et ACE Hendaye demandent un droit de réponse à « Tout compte fait » à propos de son émission du 2/03/19 

Et pour se faire ce collectif et cette association ont écrit à/au :

–  Mme Delphine Ernotte, Présidente de France TV

–  Mme Catherine Alvaresse, Directrice des programmes et documentaires de France 2

–  Au magazine « Tout compte fait »

–  M. Nicolas Jacob, médiateur des émissions de France 2

–  M. Vincent Lanier, Premier Secrétaire général du Syndicat National des journalistes

–  Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA)

À Mme Delphine Ernotte-Cunci, Présidente de France Télévisions

Objet : demande de droit de réponse et de correctifs au sujet du magazine  « Tout compte fait » du 2 mars 2019 sur France 2

Madame,

Le reportage de « Tout compte fait » sur « les frondeurs du Linky » (« Faut-il avoir peur du compteur Linky ? ») nous est apparu comme très largement entaché de partialité.

Que les journalistes en viennent à survoler les problèmes sanitaires qu’il implique (l’électrohypersensibilité déclenchée suite à sa présence) est très fâcheux.

Il est surtout inadmissible d’entendre reprendre des contre-vérités d’Enedis par des journalistes alors qu’elles ont été mises en lumière par le constructeur du Linky, William Hosono de la Société Itron, le mercredi 2 mars 2016 à la Cité Mondiale de Bordeaux et par la seule étude indépendante officielle qui a jamais eu lieu, effectuée à la demande de l’ANSES (Rapport du CSTB du 27. 01. 2017).

Le plus grave est donc la séquence sur l’aspect sanitaire du compteur Linky et la particularité de son système CPL.

Une militante cite le cas d’une personne de Libourne devenue électrohypersensible  suite à la pose d’un Linky et qui a dû quitter son domicile.

Les gens devenus réellement électrosensibles – à des degrés divers – à cause du CPL du Linky foisonnent, et les collectifs dans le pays en recueillent les nombreux témoignages. L’enquête, pour être impartiale, aurait donc dû se diriger vers ces collectifs, sur l’Association PRIARTEM ou sur le site de Témoignage Linky France (http://www.temoignage-linky-france.fr/).

Or qu’ont fait les enquêteurs ?  Ils sont allés à la rencontre d’une dame en banlieue parisienne très inquiète car elle venait de constater que des compteurs Linky avaient été apposés sur la cloison de l’autre côté de la chambre de sa fille.

On apprend que la dame a fait venir un mesureur de l’ANFR qui constate que les émissions du CPL circulant dans la pièce ne dépassent pas le seuil maximum des normes françaises autorisées.

La voix off du reportage dit alors ceci : « Le compteur est en train d’émettre, mais cela n’arrive que quelques minutes sur 24 h la nuit pour envoyer votre consommation quotidienne et parfois le jour en cas de panne sur le réseau. »

Il s’agit là d’une contre-vérité manifeste d’ENEDIS entendue à maintes reprises lors de ses réunions « d’information ». De toute évidence, comme le confirme le rapport du CSTB, le CPL circule sur tout le réseau électrique du domicile, 24h/24, en amont comme en aval du compteur, sur des fils non blindés donc non prévus pour cela, d’où un effet d’antenne et un accroissement du champ électromagnétique domestique – ce sont les faits.

Enedis, dans sa communication, confond deux choses : l’émission en continu du CPL dans toute l’habitation (qu’il préfère taire) ET l’envoi des données recueillies par le Linky quelques minutes la nuit du concentrateur vers le centre de traitement.

Il est donc ahurissant que le magazine ait repris cette grossière confusion car ce sont précisément les effets électromagnétiques du CPL circulant 24 h/24 qui expliquent l’électrohypersensibilité des personnes et pas « l’émission quelques minutes la nuit » ni le compteur lui-même.

Suite au rapport du CSTB, l’ANSES, dans son avis de juin 2017, fait état d’“incertitudes sur les effets sanitaires” des fréquences mises en œuvre ; comme le CPL génère des radiofréquences situées entre 35 et 95 kHz transformant le circuit électrique en antenne, il recommande d’étudier la possibilité d’installer des filtres “ permettant d’éviter la propagation des signaux CPL ” dans les logements – ce qui implique que cela peut poser des problèmes de santé. Ces filtres devraient être rendus obligatoires par les pouvoirs publics d’autant que le système Linky est tel que même ceux qui n’ont pas le capteur se trouvent contaminés par le CPL du voisin.

Quant aux mesures de l’ANFR faites dans l’appartement lors du reportage, elles relèvent de  normes industrielles obsolètes datant de 2002 qui n’ont jamais correspondu aux signaux numériques par ondes pulsées qui se multiplient ces dernières années et que le Conseil de l’Europe demande de réviser en 2011 dans sa résolution 1815. Et il aurait dû être précisé que le CRIIREM, organisme indépendant reconnu, critique ouvertement les mesures de l’ANFR dans son communiqué du 21. 09. 2017.

Enfin, pourquoi ne pas dire à l’antenne que l’OMS, suite à de nombreuses études du Centre International Contre le Cancer, malgré les freins des lobbies industriels notoirement très actifs, classe les radiofréquences et ondes électromagnétiques « en exposition faible mais prolongée », ainsi que les ondes numériques pulsées – ce dont relève indubitablement le CPL domestique du Linky – comme « cancérigènes possibles » (2B), et l’on sait la volonté du CIRC de les classer au niveau supérieur (2A).

Toujours est-il qu’aucune étude indépendante n’a été effectuée sur le système Linky entièrement déployé et en pleine activité dans un quartier malgré les demandes réitérées du CRIIREM auprès de L’ANSES.

Par ailleurs, les journalistes répètent ce que dit ENEDIS, à savoir que cette société a reçu obligation par l’État de poser 35 millions de compteurs sur le territoire, ce qui est exact, et ils en concluent que c’est « obligatoire » pour tous. Affirmation fallacieuse car rien dans la loi n’oblige quiconque à l’accepter !

Non, Linky n’est pas obligatoire : à ce jour, aucun texte légal ni réglementaire, aucune loi, aucune ordonnance ni aucun décret, n’autorise Enedis à imposer à un particulier l’installation d’un compteur Linky à son  domicile. Rien dans la directive 2012/27/UE du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2012 relative à l’efficacité énergétique, ni dans la loi n°2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, n’impose l’obligation d’installer ce compteur. Ceci a notamment été confirmé par écrit à la députée Valérie Rabault, oralement par l’ancien Ministre M. Hulot, ainsi que par les déclarations publiques de directeurs d’agences d’Enedis. Le Président de son Directoire, Philippe Monloubou, devant l’Assemblée Nationale le 2 février 2016, a bien dit que le compteur Linky ne sera pas installé chez les personnes le refusant et qu’ENEDIS respectera les refus de remplacement qui lui sont signifiés. Cela est pourtant très connu… et bien peu respecté par Enedis !

Puisque toutes ces informations très importantes n’ont pas été apportées, nous aimerions vivement, dans un souci de clarté et de transparence, que ces points très précis soient énoncés ou rectifiés car le téléspectateur, au vu du reportage, a eu une vision tronquée des risques sanitaires encourus par le  CPL domestique du Linky et n’a pas été averti de son droit au refus.

Nous avons donc demandé à la direction des programmes et des documentaires de France 2, à son médiateur, au CSA ainsi qu’au magazine « Tout compte fait », que soit publiquement corrigée cette désinformation (ou très grande confusion) sur le CPL qui explique l’électrohypersensibilité ressentie par beaucoup et qu’il soit précisé que l’obligation d’acceptation par les usagers n’est aucunement inscrite dans la loi.

L’innocuité autoproclamée du système Linky par Enedis ne peut donc être objectivement recevable.

Quant aux normes des fréquences du CPL fixées par la France, il serait normal que, dans le cadre d’une véritable information, soit aussi indiqué que ces normes seraient trop élevées à Salzbourg, également en Russie, et très probablement dans le reste de l’Autriche et en Hongrie.

Nous tenions à ce que vous connaissiez ces faits car il s’agit d’un problème de santé publique et qu’il est anormal que la publicité plus que discutable d’Enedis soit relayée sans critique par une émission télévisée qui a visiblement bâclé son reportage tant il est confus, partial et incomplet.

  Veuillez, Madame, agréer l’expression …

Collectifs Nantes1 anti-Linky/44 contre Linky – Association ACE Hendaye auxquels s’ajoutent 140 associations et collectifs de 55 départements dont Paris, Lyon, Marseille, Grenoble etc. et de nombreuses signatures individuelles (Nous tenons une liste, qui ne cesse de s’accroître, à votre disposition).