La France stagne à la 27e place

La Chine domine, le niveau global baisse…

Ce qu’il faut retenir des résultats du classement Pisa 2026

Les analystes du classement constatent une baisse générale du niveau des élèves des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques en lecture, en mathématiques et en sciences.

Des résultats toujours en baisse. Le niveau des élèves français et de ceux des 90 autres pays et régions membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est en recul, selon le dernier classement du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) publié mardi 8 septembre. A travers des tests mesurant « la capacité des élèves à résoudre des problèmes complexes, faire preuve d’esprit critique et communiquer efficacement », ce classement a pour objectif d’évaluer les connaissances en mathématiques, en lecture et en sciences des élèves âgés de 15 ans à partir de données recueillies en 2025. Il prend également en compte d’autres facteurs, comme l’attitude des élèves face à l’enseignement (à l’instar de la motivation ou de la curiosité), leurs performances en fonction de leurs origines sociales ou encore le soutien que leur apportent, ou non, leurs parents. Il est publié tous les trois ans.

En 2025, la France obtient une note correspondant au score moyen des pays de l’OCDE, malgré un classement dans le premier tiers, en 27e position. Or, depuis la crise sanitaire, les spécialistes observent une baisse générale du niveau des élèves dans l’ensemble des pays et régions observés. « Les scores sont de plus en plus bas, constate Eric Charbonnier, analyste éducation à l’OCDE. Même si nous ne sommes pas étonnés, cela doit nous interroger. » Classement, inégalités, utilisation de l’IA… Voici ce qu’il faut retenir de ce nouveau classement.

La Chine arrive en tête du classement

Comme lors des deux précédentes éditions, l’Asie occupe les premières places. Notamment la Chine, qui apparaît à trois reprises dans le classement à travers trois zones distinctes. A la première place, on retrouve une de ces zones chinoises, regroupant Pékin, Shanghai, le Jiangsu et le Zhejiang. Elle est suivie de Singapour et de la région autonome chinoise de Macao. Parmi les derniers pays du classement figurent plusieurs pays africains, dont le Rwanda (qui occupe la dernière place), le Kenya (89e), la Zambie (88e) ou le Maroc (83e).

La France occupe la 27e place du classement

Parmi les 91 pays ou zones évalués dans l’étude, la France perd une place depuis le dernier classement en 2023. Le pays se situe désormais à la 27e position des pays de l’OCDE, juste après la Suède et la Slovénie et avant l’Italie et le Portugal. A la 6e place, l’Estonie occupe la première place des pays européens.

Dans le détail, les auteurs du classement ont élaboré trois classements différents, en sciences, en mathématiques et en compréhension de lecture. Dans les trois cas, les élèves français se situent dans la moyenne des pays de l’OCDE, avec un score de 483 en sciences (contre 482 pour la moyenne de l’OCDE, ce qui place la France au 24e rang), de 456 en compréhension de l’écrit (461 pour l’OCDE, 25e) et 458 pour les mathématiques (463, 31e rang).

Les inégalités sociales persistent en France, malgré une amélioration

Comme en 2022, la France fait partie des pays avec des fortes inégalités de performances selon les origines sociales des élèves. « Même si on arrive à [les] résorber, elles sont toujours là », précise Eric Charbonnier, analyste éducation à l’OCDE. Pour calculer cet indice, les auteurs du classement distinguent les élèves en quatre catégories, de la plus aisée à la plus démunie.

Ils observent ainsi qu’en sciences, le quart d’élèves les plus favorisés devance de 100 points celui des élèves les moins favorisés. Une valeur supérieure à celle observée dans les autres pays de l’OCDE, puisqu’en moyenne, dans les 91 pays et régions étudiés, cette différence est de 85 points.

Par ailleurs, les élèves français issus des milieux favorisés sont particulièrement concernés par cette baisse du niveau scolaire, notamment en mathématiques. Le niveau dans cette matière a diminué de 38% chez les élèves les plus favorisés, contre 22% chez les plus défavorisés. En revanche, les auteurs notent une amélioration en sciences, où l’écart entre les élèves favorisés et défavorisés s’est réduit. Ces derniers « peuvent être considérés comme résilients sur le plan scolaire car, malgré leur désavantage socio-économique, ils obtiennent d’excellents résultats par rapport aux autres élèves de leur pays », notent les analystes.

Le manque de moyens pèse sur les résultats des élèves français

Les auteurs du classement Pisa se sont également intéressés aux moyens humains et matériels alloués aux élèves. Il ressort qu’en 2025, 45% des élèves français étaient scolarisés dans un établissement concerné par un manque de personnel enseignant. Ce chiffre, supérieur à la moyenne de l’OCDE (39%), a toutefois diminué par rapport à la dernière évaluation (67%), note le rapport.

En revanche, la situation a empiré en ce qui concerne les moyens matériels. En 2025, environ 20% des élèves français fréquentaient des établissements dont les chefs ont signalé qu’un manque de matériel pédagogique, comme les manuels scolaires, l’équipement informatique, du matériel de bibliothèque ou de laboratoire, « entravait l’enseignement » (contre 15% en 2022). Côté infrastructures, 25% des élèves évalués étaient scolarisés dans des établissements manquant de place, de système de chauffage, de climatisation ou d’éclairage. En 2022, cette proportion était de 19%.

Les élèves qui utilisent moins l’IA ont de meilleurs résultats

L’OCDE alerte également sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre scolaire, dénonçant une corrélation entre l’utilisation accrue de l’IA et de faibles résultats en sciences. « Ceux qui ont de meilleures performances en France sont ceux qui n’utilisent jamais l’IA », observe Eric Charbonnier, analyste éducation à l’OCDE.

En France, seuls deux élèves sur dix déclarent ne jamais – ou ne presque jamais – utiliser des chatbots reposant sur une IA pour les aider à apprendre. Au total, 37% disent s’en servir au moins une fois par semaine, contre 46% en moyenne dans l’OCDE.

franceinfo.fr