
Le maire, ancien avocat, refuse l’installation d’une antenne-relai pour la 5G dans sa commune…
Son arrêté est retoqué par la justice !!! Évidemment !
Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a de nouveau fait « injonction » au maire de Locquirec (Finistère) de laisser s’implanter la « modeste » antenne-relais de 25 mètres de haut qu’Orange veut installer dans l’impasse Parc Treis, près de l’église et du cimetière. Ceci à titre provisoire, dans l’attente du réexamen de l’affaire sur le fond.
Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a de nouveau fait « injonction » au maire de Locquirec (Finistère) de laisser s’implanter la « modeste » antenne-relais de 25 mètres de haut qu’Orange veut installer dans l’impasse Parc Treis, près de l’église et du cimetière.
« Seule finalité, les intérêts économiques et commerciaux » d’Orange
Gwénolé Guyomarc’h (Parti breton) s’était en fait opposé une première fois le 20 mars 2021 à ce « pylône monotube » qui doit « reprendre l’aspect des poteaux électriques avoisinants » : cet avocat de profession avait considéré que « l’amélioration du service » invoquée par l’opérateur de téléphonie mobile était « un argument injustifié et détourné » puisque le projet « n’avait que pour seule finalité les intérêts économiques et commerciaux » d’Orange.
Cette antenne-relais « risque » aussi de « perturber la qualité des émissions et réceptions hertziennes » et donc de « causer une gêne disproportionnée pour la population », pensait le maire de Locquirec. Elle allait enfin « porter atteinte » à l’environnement puisqu’elle va sortir de terre « dans une zone urbanisée et à urbaniser de type pavillonnaire » où les constructions ne dépassent pas « neuf mètres » de haut, et elle sera « en proximité directe du rivage et visible de la mer ».
Mais « il n’est pas établi » que ce pylône « sera visible depuis le rivage, compte tenu de la forte déclivité du territoire et du caractère arboré du rivage de nature à masquer la vue », l’avait contredit le tribunal administratif de Rennes le 13 mai 2024.
« La commune n’établit pas le caractère satisfaisant de la couverture du secteur par les réseaux de téléphonie mobile » et le maire avait aussi « fait usage de pouvoirs de police dont il n’était pas titulaire » en invoquant la « gêne » que cela pourrait provoquer sur les « émissions et réceptions hertziennes » puisque ces pouvoirs relèvent de « l’Etat ». Les magistrats rennais lui avaient donc fait « injonction » d’accepter l’installation de ce pylône « de largeur modeste » sur le site de la Pointe du Corbeau et l’édile s’était exécuté le 11 juillet 2024.
Le débit 5G est « en-dessous du seuil minimal » dans la commune
Des riverains inquiets du « risque lié aux ondes électromagnétiques » avaient alors saisi à leur tour la justice administrative… sans succès : les « pièces » produites « ne permettent pas de considérer » que l’antenne-relais « générera des risques incompatibles avec la vocation résidentielle de la zone », avait balayé la juge des référés du tribunal administratif de Rennes le 10 décembre 2024.
Mais le 20 novembre 2025, Gwénolé Guyomarc’h s’était opposé à une nouvelle « déclaration préalable » déposée par Totem (la filiale du groupe Orange spécialisée dans les infrastructures de télécommunication) après avoir « légèrement modifié » son projet. L’entreprise a donc saisi à nouveau en urgence le tribunal administratif de Rennes pour que le maire revienne sur sa décision « sous un mois ».
L’opposition du maire « empêche l’augmentation de la vitesse de la transmission des données mobiles en 5G » qui est actuellement « en dessous du seuil minimal conclu entre l’ARCEP [l’autorité qui assure la régulation des secteurs des communications électroniques et postales pour le compte de l’Etat, ndlr] et les opérateurs », s’inquiétait Totem.
« Les considérations invoquées en défense par la commune, tenant à la couverture satisfaisante de son territoire par les réseaux de téléphonie mobile et à l’arrêté de non-opposition délivré le 11 juillet 2024, ne permettent pas de renverser la présomption d’urgence », confirme le juge des référés du tribunal administratif de Rennes dans une ordonnance en date du 20 février 2026 qui vient d’être rendue publique.
La commune condamnée à verser 1.500 € à l’opérateur pour ses frais de justice
Et « en l’état de l’instruction », les arguments de la « bonne couverture » du territoire communal et du « risque » pour la « qualité des émissions et réceptions hertziennes » sont « de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté » du maire, considère le magistrat rennais. Gwénolé Guyomarc’h a donc été sommé d’autoriser Orange « à titre provisoire » à installer son antenne-relais, dans l’attente du réexamen de l’affaire sur le fond par une formation collégiale de trois juges d’ici dix-huit mois à deux ans. La commune a au passage été condamnée à verser 1.500 € à l’opérateur pour ses frais de justice.
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