Dématérialisation ?

Une réflexion du collectif de Nantes

On résume : tout est fait pour que nous nous « dématérialisions » toutes et tous. 

Or cela relève d’une mise en coupe mondiale du capitalisme miltaro-industriel, de la Chine aux USA, basée sur les systèmes électronumériques sur fond de bruits de bottes plus qu’inquiétants, de l’espace jusqu’aux océans, sans voir les effets dévastateurs sur les sociétés (les inégalités s’accentueront partout dans le monde), sur nos libertés, la santé, sur le vivant, les écosystèmes et la biodiversité. 

Au nom de « l’écoresponsabilité », nous devrions toutes et tous passer au numérique intégral. C’est-à-dire à une aberrante ébriété électronumérique (car pas de numérique sans électricité) soit disant « dématérialisée ».  (Il faudra aussi s’interroger sur la politique du tout-électrique vendue comme « écolo »).

Aller sur son smartphone car c’est si commode, sur des plateformes pour payer et vérifier nos consos, est le piège redoutable qui nous est tendu. 

Nous menons une campagne pour le droit à la non connexion/déconnexion. Au nom de la santé, de nos libertés et de l’écologie réelle car nous ne croyons pas à l’immaculée conception de la société électro-numérique intégrale et très matérielle – à contrario de la propagande visant à nous tromper et nous asservir. 

Nous n’avons, chez nous, officiellement, plus de portable (et parfois plus d’ordinateur) et exigeons le maintien du papier recyclé pour ré-humanisation des services publics et privés et parce qu’il est démontré que l’industrie du papier est l’une de celles qui émet le moins de GES et qui est la plus recyclable. 

La propagande anti-papier a tellement formaté nos esprits que l’on croit en toute bonne foi être vertueux pour la planète en recevant un flot de publicités par Internet ou en nous renvoyant automatiquement sur des plateformes, oubliant l’énorme empreinte écologique nécessaire pour la fabrication et le fonctionnement des outils électronumériques. Le papier peut être recyclé six fois alors qu’un ordiphone dit « smart » n’est quasiment pas recyclable ! 

Nous voulons pouvoir garder de la monnaie physique, des chèques, des billets de trains, des tickets de caisse, des places de cinéma, des manuels scolaires (la Suède les réintroduit) et des passeports en papier. Nous préférons questionner un humain plutôt qu’un robot. A contrario, iIl faut 183 kilogrammes de matières premières pour fabriquer un « smartphone » qui pèse 170 grammes, et 32 kilogrammes pour le circuit intégré d’une puce électronique de 2 grammes. Et cela pour des milliards de terminaux ! La guerre (mondiale) des métaux, terres rares et de l’eau a déjà commencé, car de l’eau, il en faudra de plus en plus pour fabriquer la pléthore de nos outils numériques et refroidir les centrales nucléaires que l’on nous impose dans la logique de l’ébriété électronumérique. 

Nous reviendrons sur ce point dès la rentrée des vacances.

Résistance 5GN

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Commentaire

Il faut rappeler ce qui a été écrit en commentaire sur ce site le 14 juin :

« En 1970 on produisait 145 TWh ; en 2020, on a produit 510 TWh ! Presque 4 fois plus [plus exactement : 3,52]. Et RTE voudrait électriser l’économie en multipliant encore par deux !!!

On ne parlera plus de champs de betterave, blé, … on parlera de champs d’éoliennes INDUSTRIELLES, de marées d’éoliennes en mer et de champs photovoltaïques !

Il faut en rajouter dans la folie  de la croissance ! »

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Commentaire reçu

Effectivement dématérialisation et sobriété énergétique sont à l’opposé l’une de l’autre.

La dématérialisation est un leurre, puisqu’il est nécessaire d’avoir de plus en plus de datacenter, bien matériels, et énergivores pour l’assurer.

Un non sens.