
Pourquoi elles pourraient s’avérer dangereuses pour votre santé
Une montre pour indiquer l’heure, cela ne suffit plus. Aujourd’hui les poignets s’habillent de montres dites connectées, ou plutôt intelligentes, capables de lire mails et textos, d’analyser des performances sportives, de prendre la fréquence cardiaque ou la tension de ceux qui les portent… Des bijoux de technologie plébiscités notamment par les sportifs mais qui peuvent poser des problèmes de santé.
D’après le cabinet d’études de marché Mordor Intelligence, les acteurs mondiaux du secteur des montres digitales auraient vendu plus de 200 millions d’exemplaires en 2024. Peu surprenant alors d’en voir pulluler aux poignets de tout notre entourage : famille, amis ou collègues. Mais ces montres intelligentes, aux multiples casquettes comme celles d’analyser la qualité du sommeil et de mesurer le taux d’oxygène dans le sang, peuvent aussi devenir de faux alliés pour la santé.
Un facteur de stress et d’anxiété
Avant de posséder une montre connectée, beaucoup ne contrôlaient ni leur tension, ni leur fréquence cardiaque ou encore leur glycémie quotidiennement. D’ailleurs, les personnes en bonne santé, sans pathologie particulière, n’ont pas ce besoin journalier de surveillance… Au risque de développer une forme d’hypocondrie ou une obsession malsaine, comme l’explique Joanna Hardis, spécialiste basée aux États-Unis et cité par National Geographic : « Plus nous sommes attentifs à quelque chose, plus nous entraînons notre cerveau à s’en préoccuper.» Contre-productive, cette surenchère de mesures augmenterait le facteur stress et créerait des angoisses inutiles chez certains. Par ailleurs, une étude de l’université de Copenhague met en garde sur le danger d’interpréter ces données au même titre qu’un avis médical.
Des matières polluantes sur les bracelets
Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 20% des personnes de 15 ans ou plus vivant en France ont déjà porté une montre connectée en 2022. Se pose alors la question des matières avec lesquelles elles sont fabriquées. Certains bracelets en caoutchouc synthétique ont été épinglés dans une étude américaine relayée par la revue scientifique Environmental Science & Technology Letters. Ils pourraient contenir de grandes quantités d’acide perfluorohexanoïque (PFHxA), produit chimique appartenant à la famille des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), communément appelées les polluants éternels.L’absorption de ces polluants en cas de dilatation des pores de la peau (avec la transpiration par exemple) serait susceptible d’avoir des effets délétères : augmentation du taux de cholestérol, cancers, problèmes de fertilité… Il est donc recommandé de choisir un bracelet en cuir ou en tissu.
Une assommante course aux statistiques
Interrogé par nos soins, Benjamin (39 ans), un coureur régulier, fait environ 20 kilomètres par semaine avec sa montre connectée au poignet. Il a décidé de ne pas la porter en dehors de ses séances de running et nous confie avoir vite déchanté de cet achat, voici pourquoi : « Je trouve que ça participe au sport performance, au contrôle total de tout ce que l’on fait. Cela induit de se comparer aux autres. J’ai l’impression d’être un peu esclave des chiffres : ça m’a enlevé toute l’insouciance que je pouvais avoir durant mes séances.» Il met en garde contre cette course épuisante aux statistiques et regrette d’avoir perdu une part de « jeu et de plaisir simple », inhérent à la pratique d’un tel sport en amateur.
A noter également que la Direction générale de la consommation, sur le site gouvernemental, alerte les utilisateurs au piratage, à l’utilisation commerciale de données personnelles et aux atteintes à la vie privée avec ce type d’objets connectés.
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