
Elle est (encore) à l’œuvre
L’évitement du débat public contradictoire sur la question des ondes ou le déni n°1 (3 exemples de « dénialisme »)
par l’association Résistance 5G Nantes
Il est bien connu que l’industrie du tabac a mené une campagne active pour montrer que son produit n’était pas dangereux et que l’on avait tort de s’alarmer alors que les études scientifiques démontraient sa nocivité. Elle s’appuyait sur des « scientifiques-maison » qu’elle n’avait pas hésité à corrompre. Les médias de l’époque ont largement relayé sa propagande et les fumeurs n’avaient évidemment pas envie d’entendre que fumer était mauvais pour leur santé et celle de leur entourage. Cette méthode mensongère consistant à nier les études largement majoritaires et contraires aux intérêts des industriels, a été appelée « la fabrique du doute ». 1 La démarche consiste à nier d’abord les faits scientifiques pour, à mesure que les études inquiétantes s’accumulent, relativiser l’alerte.
Il en est exactement de même au sujet des radiofréquences et champs électro-magnétiques (RF-CEM).
On sait que les industriels (FCC, ICNIRP…), à la fin du XXe siècle, ont eux-mêmes fixé les normes de la téléphonie mobile devenues largement obsolètes à mesure où les RF-CEM proliféraient dans notre environnement. Ils ne veulent considérer que les effets thermiques et nient tout effet biologique des ondes non ionisantes. On est donc dans un processus relevant strictement de la physique et pas de la biologie. Comme s’il n’y avait pas d’interaction. Pourtant, le nombre d’études internationales indépendantes de tout conflit d’intérêts soulignant les effets « délétères » biologiques des micro-ondes artificielles pulsées s’élève à plusieurs milliers aujourd’hui 2. Elles sont largement dominantes par rapport à celles qui en minimisent les effets. Ces études sont encore plus nombreuses que celles sur les perturbateurs endocriniens ou les PFAS, par exemple, car le problème soulevé par les RF-CEM est plus ancien concernant les nuisances sanitaires dues à nos sociétés industrielles sur une période s’étendant à au moins 75 ans.
Sur 400 études portant sur les abeilles, drosophiles et insectes, les scientifiques en ont retenu 189 qui reconnaissent que ces espèces sont aussi victimes des ondes de la téléphonie mobile. Les néonicotinoïdes ne donc donc pas la seule cause de la raréfaction des abeilles. 3
Il en va de même pour les « animaux sous tension » dans nos fermes et élevages dont le nombre de cas est loin d’être négligeable. 4
L’accumulation des ondes pulsées dans notre environnement a aussi des effets sur les végétaux.
Les études sont suffisamment nombreuses pour alerter les pouvoirs publics qui ont en charge la santé des populations. Or, ceux-ci restent dans le déni en s’appuyant sur des agences nationales de santé dont on peut fortement douter de la réelle indépendance. Les intérêts économiques des lobbys du numérique et de la téléphonie mobile exercent une énorme pression sur elles ; d’une certaine façon, elles doivent rendre leur avis aux décideurs politiques avec un revolver sur la tempe.
Pourquoi les intérêts des industriels de l’électronumérique et de la téléphonie mobile passent-ils avant toute autre considération alors que, à l’évidence, il conviendrait de prendre des mesures au plus vite et d’appliquer le principe de précaution ? Pour l’agroalimentaire la population entend les mises en garde rapportées par les médias, malgré l’influence accentuée des lobbys sur les décideurs politiques et parlementaires.
Pourquoi les médias s’acharnent-ils à vouloir « rassurer » la population sur le problème des ondes qui s’accumulent dans notre environnement en refusant d’investiguer et de voir que la recherche en biologie ne cesse de nous alerter depuis des années ? Censure ou autocensure de journalistes travaillant dans les organes de presse et quotidiens appartenant aux « grands capitaines d’industrie » milliardaires dont 3 des 4 propriétaires possèdent des réseaux mobiles en France ?
On nous dira que les multiples appareillages de l’industrie électronumérique et de la téléphonie mobile sont le fleuron du « Progrès » technique et le cœur même du capitalisme mondialisé en concurrence féroce et que « l’on n’arrête pas le Progrès ». Et qu’il ne faut surtout pas avoir de retard sur les Américains, les Chinois ou autres…
Se pose-t-on cette question : pourquoi dans les conseils scientifiques les physiciens sont-ils plus nombreux et davantage écoutés que les biologistes ?
On pourrait penser que, comme nous ne tombons pas foudroyés comme des mouches parmi l’électrosmog dans lequel nous baignons en permanence et de plus en plus, et qu’il y a d’autres facteurs conjoints à notre mal-être ou à notre cancer, ce sont là des raisons qui facilitent le déni général n° 1.
Peut-être aussi que la population – à commencer par les politiques et gens des médias (les lobbys industriels ayant bien travaillé en ce sens) – n’a pas envie de savoir tant elle est addict aux objets connectés et au smartphone alors qu’elle est sensible aux autres alertes scientifiques concernant la mauvaise qualité de l’eau, de l’air, les nuisances des pesticides, néonicotinoïdes, perturbateurs endocriniens et PFAS.
Le culte de la vitesse et l’appétence pour des systèmes informationnels et communicationnels plus performants sont propres aux gens des médias, mais ils ont gagné également le consommateur avide des dernières « innovations » que lui procure un marché fortement incitatif à grands renforts de publicité. C’est si pratique et si rapide, le monde entier tient sur un petit écran dans notre main !
Pourtant, à trop savoir, trop vite, on ne sait plus rien, on reste sur l’écume du savoir, sans le temps du recul propice à la réflexion et à l’enquête. Nous sommes facilement grisés par les commodités que nous offrent les innovations techniques accélérées sans vouloir nous interroger sur leur origine très matérielle et envisager ses conséquences sociales, sociétales, économiques, humaines, écologiques et géopolitiques. D’où la recherche du buzz permanent et étourdissant pour les gens des médias qui ne s’interrogent pas sur leur propre technique de transmission. D’où le désastre « culturel » et informationnel des réseaux sociaux facilement manipulables où s’abreuve inconsidérément une large partie de la population, qui cherche à y trouver ce que les médias dits « mainstream » ne cessent de vouloir occulter !
L’ensemble de ces facteurs fait que très peu ont envie d’entendre, à commencer par le personnel politique et les gens des médias, pourtant en « responsabilité » et garants de l’esprit démocratique. Y a-t-il réel débat sur ces problématiques à l’heure du désastre écologique, climatique, de l’effondrement de la biodiversité et quand le creusement vertigineux des inégalités se constate partout ? On accélère dans le « solutionnisme technologique » jusqu’au déni du réel. L’électronumérique est devenu la religion ultime du dieu « Progrès » et jusqu’à l’aveuglement fanatique. Cette religiosité nébuleuse arrange tant de monde…
Quant aux médecins de ville, ils ne sont absolument pas formés à ce type de sujet sanitaire.
Il existe malheureusement un large consensus politique pour s’exonérer de sa responsabilité publique à réduire les causes des maladies environnementales, comme celles du cancer, et pour en faire porter la responsabilité sur le comportement individuel du citoyen, jamais assez sage et prudent. D’où une véritable démission morale et un transfert de responsabilité sur l’individu, qui est bien hypocrite, bien lamentable, et profondément anti-démocratique. 7
Se cloîtrer dans une « fausse conscience » des problèmes posés à nos sociétés est une facilité bien confortable, alors on s’empresse de « glisser la poussière sous le tapis ». Finalement, on fait l’autruche en enfonçant sa tête avec sa conscience, son sens de l’éthique et sa déontologie, dans le sable de l’ignorance et de l’indifférence.
1. Cf. Stéphane Foucart, La fabrique du mensonge, comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger, Folio actuel n° 158, 2013
2. D’importantes ONG internationales dotées de conseils scientifiques sérieux recensent les très nombreuses études internationales sur les effets délétères des micro-ondes artificielles pulsées et la surexposition des populations. Citons, entre autres : Environmental Health Trust, Safe Tech International, EMR, Europeans for Safe Connections… et pour la France, le CRIIREM, Robin des Toits, Priartem.
3. Cf. l’étude « Effets biologiques des champs électromagnétiques sur les insectes : revue systématique et méta-analyse » d’Alain Thill, Marie-Claire Cammaerts, Alfonso Balmori. La revue Futura fut l’un des très rares médias à l’avoir signalé dans une vidéo.
4. Cf. sur ce site : Élevages – Animaux et champs électromagnétiques et : https://eleveurs-sous-tension.com/
Voici, parmi tant d’autres, 3 exemples de « dénialisme » pour tenter de « rassurer » la population
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« Ondes électromagnétiques : faut-il avoir peur de son smartphone ? »
Jeudi 21 septembre 2023 – émission radio ICI France Bleu Paris (13’) [Le caractère gras est celui de la rédaction de France Bleu]
Vous en avez sûrement entendu parler, l’IPhone 12 est momentanément retiré du marché. La puissance des ondes émises par l’appareil dépasserait la limite réglementaire autorisée. Mais alors ces ondes sont-elles véritablement un danger pour notre santé ?
Dans les transports, au travail, à la maison, au lit, notre smartphone est partout et tout le temps avec nous, et il serait pour beaucoup un indispensable. Mais ces derniers temps, un de ces nombreux appareils fait polémique. Depuis le 12 septembre 2023 l’IPhone 12 n’est plus disponible sur le marché français suite à une demande de L’Agence nationale des fréquences (ANFR) qui, selon ses derniers tests de contrôle, a déclaré que la puissance des ondes électromagnétiques émises par l’appareil dépasserait la limite réglementaire autorisée. Ces ondes seraient alors, en trop grande quantité, un danger pour notre santé ?
Notre invité du jour, Jérôme Colombain, journaliste et spécialiste du numérique et producteur du podcast « Monde Numérique », nous rappelle que le cas de l’IPhone 12 est en réalité très banal : « Il faut savoir que tous les ans des smartphones se retrouvent dans le même cas que l’IPhone 12, là c’est un IPhone donc ça fait beaucoup plus de bruit. »
Concernant le danger potentiel des ondes électromagnétiques, tout serait une question de puissance, de type d’onde : « Ce que les scientifiques expliquent c’est que les ondes sont à la fois dangereuses et pas dangereuses, c’est comme le feu : vous mettez votre main dans le feu, vous allez vous brûler, vous vous tenez à un mètre du feu tout va bien. Là c’est pareil, si vous vous collez la tête sur une antenne émettrice sur un toit d’immeuble vous allez vite chauffer. Les ondes ne sont pas du cyanure, ce n’est pas du poison, c’est vraiment une question de fréquence, de puissance et de quantité ».
D’ailleurs, selon notre invité, à ce jour aucune étude n’affirmerait véritablement que les ondes ont un réel impact sur notre santé : « La conclusion est toujours la même, il y a un risque potentiel mais il n’y a aucun effet avéré, la dernière étude est celle de l’ANSES, à propos de la 5G qui après des mois d’attente, de suspens, a dit : « on a rien, il n’y a aucun danger avéré à ce jour ».
Mode avion, kit mains libres, préférer le Wi-Fi à la 4G, notre invité vous donne tous ses conseils dans votre podcast avec Corentine Feltz.
https://www.radiofrance.fr/francebleu/podcasts/
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Lors du débat public sur la 5G à Nantes, l’association a été invitée sur les radios locales et nationales pour exposer son point de vue. Notre contradicteur relayant la thèse officielle de l’innocuité des micro-ondes artificielles pulsées était toujours présent dans le studio avec un long temps de parole alors que nous étions, nous, pendus au téléphone avec un temps de parole très restreint.
Sur radio France Bleu Loire Océan, nous avons ouvert le « débat » pour exposer notre thèse en très peu de temps avant d’être contredits par une députée locale qui ne connaissait rien au sujet mais avec un temps de parole largement supérieur au nôtre. Nous avons été accusés par cette dame d’être « anti-tout », « anti-bonheur et même anti-rêve ». La 5G devait donc lui apporter le bonheur et la faire rêver, ce qui fut son seul argument et sa seule auto-référence.
Plus récemment, cette même radio a rouvert le débat à sa façon sans que, cette fois-ci, nous soyons invités :
Nantes, le 17.12.2024
À l’attention de M. Philippe Doussot, Directeur de France Bleu Loire océan – Ici
Objet : Droit de réponse
Monsieur,
Nous avons écouté votre émission de 12′ du 06.12 : « Doit-on avoir peur des ondes ? »
https://www.francebleu.fr/radio/loire-ocean/derniers-podcasts?pageCursor=NDg%3D
Et nous sommes très surpris. La question semblait ouverte à un débat, or elle était rhétorique. Il suffisait d’essayer de démontrer qu’il fallait répondre « non », unilatéralement et sans objection.
Alors que s’accumulent les études internationales pour montrer les effets plus que délétères des micro-ondes artificielles pulsées de la téléphonie mobile et autres, vous avez invité un physicien-mathématicien de l’Université qui méconnaît les effets biologiques de ces ondes et qui semble visiblement ignorer les études sur ce sujet. Nous exposer le fonctionnement physique des ondes est certes intéressant, mais il s’agissait d’aborder dans cette émission la question de leurs possibles effets sanitaires. Cela ne relève donc pas de sa compétence et il est scientifiquement incompréhensible qu’il n’ait pas été associé, dans ce qui aurait pu être un débat concernant un sujet de santé publique, à un spécialiste du corps médical puisqu’il s’agit bien de savoir s’il y a effet biologique ou pas. Il n’a pas abordé la question de la nature particulière des ondes artificielles pulsées qui s’accumulent dans notre environnement.
Les nombreuses études scientifiques internationales indépendantes des lobbys indiquent pourtant que ce type d’ondes est potentiellement nocif, surtout au niveau de leur modulation, y compris pour les animaux, abeilles, insectes et végétaux.
La question présuppose qu’il pourrait y avoir un problème de santé publique et un problème écologique par extension. Or ces questions ne sont pas abordées par votre invité. Pire, nous en avons déduit qu’il n’y a pas de problème sanitaire et environnemental et qu’on peut donc rassurer la population.
Ce « scientifique » semble aussi ignorer le fonctionnement du système Linky et le problème que pose son CPL dont de nombreux témoignages non écoutés montrent qu’il indispose des personnes électrohypersensibles (EHS) malgré sa basse fréquence et peut perturber les appareils électriques des assistés médicaux à domicile.
Ce qu’a dit votre invité sur le cas des personnes EHS est ce qui se disait il y a dix ans. L’ANSES ne le dit plus aujourd’hui ni les experts de ce sujet. Pourquoi ne pas avoir contacté directement un scientifique spécialisé dans ce domaine et en contact avec des EHS ? Il en existe au CHU de Nantes dans le service de médecine du travail et de santé environnementale de réputation nationale et en lien avec l’ANSES. Il en existe aussi à l’INSERM 44.
Nous sollicitons donc à nouveau de votre part 12’ de droit de réponse d’autant qu’il n’a pas été répondu à notre demande du mardi 10 décembre sur
bleuloireocean@radiofrance.com
Bien cordialement et à bientôt, nous l’espérons vivement,
Association Résistance 5G Nantes
Citoyens Nantais Pour une Social-Écologie critique (CNPSEc)
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Alerte Phonegate écrit au médiateur de Radio France
Le 29 décembre 2025, notre association a saisi Emmanuelle Daviet. Elle est la médiatrice des antennes de Radio France. Cette saisine concerne le traitement éditorial d’une chronique
« Le vrai du faux » diffusée le 24 décembre sur France Info. Ce reportage traitait des effets sanitaires de la 5G. Nous rendons aujourd’hui cette démarche publique par souci de transparence.
Le journaliste Antoine Deiana a affirmé que la 5G ne provoquait pas « de cancers ou autres maladies ». Pour cela, France Info s’est appuyée exclusivement sur les conclusions de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Or, en tant qu’ONG experte, nous avons identifié des manquements aux principes de pluralisme. Ces principes sont pourtant essentiels à la mission de service public de Radio France.
Nos principales observations
Notre courrier à la médiatrice souligne trois problématiques majeures :
1. Une généralisation abusive
Le titre du reportage englobe « cancers ou autres maladies » dans une conclusion globale. Pourtant, l’état des connaissances varie selon les pathologies. Par exemple, le dernier rapport de l’ANSES reconnaît explicitement (page 328) des effets des radiofréquences sur la fertilité. Malheureusement, la chronique a totalement omis ce point crucial.
2. L’absence de controverses scientifiques et juridiques
De plus, le reportage ne mentionne aucun fait contradictoire. Il ignore le classement 2B (cancérogène possible) du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Par ailleurs, il passe sous silence nos recours devant le Tribunal administratif de Melun contre l’ANSES et l’État français. Enfin, l’opinion divergente du Pr Gérard Ledoigt dans le rapport de novembre 2025 n’est pas citée.
3. L’omission de l’exposition des téléphones portables
La chronique se focalise uniquement sur les antennes-relais. En revanche, elle oublie que l’exposition principale vient des téléphones utilisés au contact du corps. C’est ce qu’on appelle le champ proche. Depuis 2018, nos actions ont forcé le retrait ou la mise à jour de 66 modèles, dont l’iPhone 12 d’Apple, pour dépassement des normes de Débit d’Absorption Spécifique (DAS) en France.
Dans l’attente d’une réponse de Radio France
Nous demandons à la médiatrice de vérifier si le pluralisme de l’information a été respecté. En attendant, nous restons disponibles pour échanger avec les équipes de France Info. Notre objectif demeure un dialogue constructif dans le respect du travail journalistique.
Voir le reportage « Le vrai du faux » sur France Info (24 décembre 2025)
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internationaldisconnectionmanifesto.org