Linky avait beaucoup promis

C’était il y a dix ans.

Linky déboulait en force. Un compteur électrique communicant ! Capable de tout faire à distance ! Relevé des consommations, mise en service, coupure ! Des promesses à la pelle ! Français, mettez vos vieux compteurs en parfait état de marche à la poubelle ! C’est o-bli-ga-toi-re !

Où en est-on aujourd’hui ?

Un déploiement toujours pas terminé

« Plus de 38 millions de compteurs Linky installés, » se félicite le service de presse d’Enedis, qui parle du « succès industriel ». Pas pour Stéphane Lhomme, figure historique du mouvement Stop Linky : « Pendant des années, dans la plus totale impunité, Enedis a envoyé partout en France, sur le terrain, des entreprises sous-traitantes poser et imposer les Linky par tous les moyens : mensonges, intimidations, dégradations (clôtures découpées, portes fracturées, etc.) et même des violences physiques, y compris à l’encontre des personnes âgées. »  Pourquoi tant de zèle ? « Plus on pose de compteurs, plus on a de primes ; on peut se faire 400 euros de plus par mois », confiait au palmipède un poseur de compteur (Le Canard, 20/06/18). N’empêche qu’à ce jour, il reste « environ 1,5 millions de clients à équiper », reconnait Enedis. Encore un effort !

Des avantages qu’on cherche encore

Ah, tous ces avantages promis aux clients : « Le suivi plus précis de leur consommation électrique, de nouvelles offres tarifaires proposées par les fournisseurs d’électricité, ainsi que des services plus rapides et à distance comme la relève des consommations, le changement de puissance ». La Cour des comptes n’est pas de cet avis. Dans son rapport publié le 24 septembre 2024, elle estime que « tous les gains d’efficacité associés au déploiement des compteurs ne sont pas encore à la hauteur des prévisions initiales ». Mieux, « les nouveaux services apports par les fournisseurs restent décevants ». Certains d’entre eux ne se foulent effectivement pas et se contentent de proposer des conseils d’économie d’énergie ou de vérifier si leurs clients ont souscrit un abonnement à la bonne puissance …

Une augmentation des fraudes

Promis, avec Linky, frauder serait impossible. Faux : les fraudes ont explosé : « Plus de 100 000 boitiers trafiqués ont été recensés en trois ans, pour des pertes de plusieurs centaines de millions d’euros par an » (« les Echos » 9/7/25). Certains petits malins mettent en place un système de dérivation juste avant le compteur. D’autres trafiquent les boitiers. Le pompon a été décroché par un ancien salarié d’Enedis qui s’est fait pincer, en février dernier, après avoir piraté 374 compteurs, moyennant 800 euros pour chaque opération !

Des emplois déjà là

Grâce à Linky, « près de 10 000 emplois directs ou indirects ont été créés en France », se rengorge Enedis. Ce qui fait bien marrer Jean-Christophe Weltaer, délégué syndical central CGT chez Enedis : « Non, on n’a pas augmenté les effectifs de 10 000 personnes, Certes, des prestataires ont été recrutés en masse, sauf que ce ne sont pas des emplois pérennes, et, au sein d’Enedis, il y a eu un redéploiement d’effectifs, avec des départs à la retraite et des évolutions de postes. Désormais, on a moins d’agents sur le terrain mais davantage de cadres ».
La durée de vie d’un Linky était de 20 ans, rendez-vous dans dix ans pour un nouveau tour de piste !

Le canard enchainé

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Remarque

La durée de vie d’un Linky sera plus proche de 10 que de 20 ans ! A comparer avec les anciens qui peuvent durer 50, voire 60 ans. C’est cela l’économie à la manière Enedis.

Sans compter les augmentations de prix d’électricité ; on a supprimé les releveurs mais on embauche du personnel pour lutter contre les fraudes !