Un combat au quotidien

Les ÉlectroHyperSensibles (EHS) le mènent

À l’occasion de la Journée internationale de l’électro-hypersensibilité, une vingtaine de personnes hyperélectrosensibles se sont retrouvées dans un champ, à Plouray, au niveau du village de Saint-Jean-Baptiste. C’était l’occasion d’échanger sur leurs ressentis et d’évoquer leur combat pour une meilleure reconnaissance de leur situation. Le groupe de personnes EHS s’est réuni dans un domaine de 150 hectares en agroforesterie biologique, reconnu comme zone blanche, à Plouray. « Aujourd’hui, ce refuge est à son tour menacé par des installations qui génèrent des pollutions électromagnétiques, comme l’installation d’une antenne 5G toute proche », regrettent les participants.

Un ultimatum à l’Agence régionale de santé

« Ce n’est pourtant pas faute d’avoir alerté sur notre situation, notamment auprès de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail ou l’Agence régionale de santé, toutes nos demandes sont restées lettre morte », indique Danièle Bovin, la présidente de l’Association des citoyens éclairés. « Notre dernier courrier date du 12 juin 2025 et sans réponse ni action de l’ARS dans un délai d’un mois, nous serons contraints de faire appel à la justice. »

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Reconnaissance et protection des personnes souffrant d’EHS

Suite au dépôt de la pétition pour la reconnaissance de l’EHS/SICEM auprès de la Confédération par Marie Gontier, deux députés Verts au Conseil national, Raphaël Mahaim et Marionna Schlatter, ont déposé une interpellation au Parlement.

Texte déposé

  • Le Conseil fédéral est-il prêt à reconnaître l’électrohypersensibilité comme un problème de santé environnementale sérieux et à lui conférer un ancrage légal comme maladie environnementale et/ou comme handicap?
  • Quelles possibilités le Conseil fédéral voit-il pour garantir une couverture par les assurances aux personnes atteintes d’EHS, lorsque l’activité professionnelle n’est plus possible à cause de la symptomatologie?
  • Quelle est l’évaluation du Conseil fédéral concernant le rôle du projet MedNIS dans la perspective d’une reconnaissance légale de l’EHS?
  • Le Conseil fédéral est-il disposé à utiliser les résultats des nombreuses recherches existantes sur l’EHS, notamment en ce qui concerne les critères de diagnostic, les approches thérapeutiques et les mesures de prévention?
  • Quelles mesures le Conseil fédéral prend-il pour s’assurer que le personnel médical soit informé sur l’EHS et sensibilisé à la prise en charge des personnes concernées ? Est-il conscient que cette problématique risque de prendre de l’ampleur, étant donné que le niveau d’exposition de la population aux rayonnements non ionisants (RNI) augmente constamment ?
  • Le Conseil fédéral partage-t-il l’avis qu’une reconnaissance et une prévention précoces de l’EHS pourraient à long terme permettre une réduction des coûts secondaires dans le domaine de la santé?

Développement

L’électrohypersensibilité (EHS) ou SICEM (Syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques) représente un grave problème de santé pour les personnes concernées. En Suisse, selon certaines estimations, jusqu’à 800’000 personnes souffriraient déjà, à des degrés divers, de symptômes attribués aux rayonnements électromagnétiques (insomnie, maux de tête, troubles de la concentration, acouphènes, épuisement ou irritations cutanées, qui entraînent une isolation sociale, une incapacité de travail et des conséquences financières lourdes).

Lorsque les personnes concernées peuvent séjourner dans des zones blanches ou dans des environnements particulièrement bien protégés des rayonnements électromagnétiques, elles ne présentent souvent plus de symptômes.

Bien que l’OMS, le Parlement européen, diverses autorités nationales (par exemple en Suède ou en France), ainsi que de nombreux professionnels de santé reconnaissent la réalité de ce phénomène, la Suisse ne dispose à ce jour d’aucune reconnaissance légale, en dépit de l’existence du projet MedNIS.

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