La facture de la voiture électrique

Elle déprime les propriétaires

Une étude révèle que 54 % des propriétaires de voitures électriques en France regretteraient leur achat. En cause: l’augmentation du prix de l’électricité, qui flambe depuis quelques mois.

L’information vient d’une start-up danoise, Monta, spécialisée dans la gestion des bornes de charge pour voitures électriques. Selon une enquête réalisée avec YouGov auprès d’un échantillon de 6.167 Français, 54 % des propriétaires de voitures électriques regretteraient leur achat. En cause: la hausse du prix de l’électricité. Voilà un chiffre sidérant, même si le critère de rejet apparaît assez logique.

Une autre étude, réalisée par Deloitte il y a quelques mois, révélait en effet que le faible coût du carburant constituait le principal facteur d’achat d’une voiture électrique, presque partout dans le monde. Une hausse du prix de l’énergie semble donc à même de remettre en cause l’intérêt des autos à batteries.

Alors que les propriétaires de voitures électriques râlent contre la hausse du prix de l’énergie, ce n’est pas le cas de tout le monde. Toujours selon l’étude commandée par Monta, 62 % des Français estiment que le coût du kWh reste acceptable… Les électromobilistes seraient-ils plus chatouilleux que la moyenne? La réponse est plus complexe.

Le prix des charges sur les bornes beaucoup plus cher qu’à domicile

Comme le révélait l’enquête de Challenges sur le prix de la recharge des voitures électriques, une prise à domicile n’est pas le seul moyen de charger une auto. Sachant qu’un automobiliste sur deux ne dispose pas de place attitrée pour son véhicule, cela signifie que nombre d’entre eux doivent s’en remettre à des bornes publiques… Dont les tarifs ont explosé ces derniers mois. Si l’on charge son auto dans son garage, en payant le kWh directement à EDF, l’affaire est intéressante. Si on charge sur une borne publique, il y a de fortes chances pour que la voiture électrique devienne plus chère à l’usage qu’une voiture essence. C’est là que le bât blesse.

Les ventes de voitures électriques sont toujours en progrès, mais la courbe de croissance ralentit fortement après le bond impressionnant de 2021 (9,1% des ventes en électrique en Europe, selon les chiffres de l’ACEA, contre 1,9% en 2019). Bref, si les ventes augmentent, elles ne le font pas dans la proportion que l’on pourrait imaginer. En 2022, la part de marché des modèles 100 % électriques a représenté 12,1 %, soit une progression de parts de marché sans commune mesure avec le nombre de lancement de nouveaux modèles, le battage médiatique et l’obsession politique qui tourne autour des voitures électriques.

Vers une hausse de la fiscalité ?

Si le principal argument des voitures électriques perd de sa pertinence, cela pourrait remettre en cause la progression des ventes. Surtout que les nombreuses subventions qui favorisent les voitures à batterie ne sont pas éternelles. Les bonus à l’achat sont remis en cause chaque année, dans leurs montants comme dans leurs conditions d’application.

Quant à l’électricité, elle est aujourd’hui beaucoup moins taxée que les carburants fossiles, qui ont rapporté 41 milliards d’euros en 2022. Une recette colossale que l’Etat devra répercuter ailleurs, si les voitures électriques deviennent la norme…

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