Les enfants et les écrans
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49 minutes
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Professionnels de santé et de l’éducation font un constat sans appel : l’usage massif des écrans a des conséquences dévastatrices pour les plus jeunes. Quels sont leurs impacts sur le cerveau, la concentration ? Comment en limiter les usages ?
Et si la surexposition aux écrans chez les enfants était un désastre sanitaire, une pandémie numérique, comme l’affirment ce matin nos invités ? De nombreuses études scientifiques convergent. La surexposition aux écrans aurait un impact sur leur neuro-développement, leur langage, leur vision, leur motricité, leur comportement, leur sommeil.
Alors que faire ? Faut-il complètement interdire les écrans ? Oui, mais jusqu’à quel âge ? Est-il trop tard si nos enfants manipulent tablettes et smartphones depuis leur plus jeune âge ? Constats et solutions avec nos invités, pédiatres, neurologues et enseignants.
Pourquoi parler de désastre sanitaire ?
Sylvie Dieu-Osika, pédiatre : « Il se passe quelque chose de majeur. On vit tous une révolution numérique. Chacun de nous a changé dans son quotidien. Pourquoi l’enfant ne serait pas impacté ? Pourquoi le laisse-t-on au bord de la route ? Il est évidemment impacté par ce qui est en train de se passer. C’est grave, vraiment. Et il ne s’agit pas de mauvais parents. Il s’agit de parents qui ne sont pas informés et qui devraient être informés dès la grossesse, dès la maternité, parce que c’est ce qu’on voit dans tous les foyers. »
Que se passe-t-il dans les foyers ? Sylvie Dieu-Osika explique l’impact sur les jeunes enfants : « On utilise les écrans pour calmer l’enfant, pour l’occuper et soi-disant pour lui apprendre quelque chose. Mais seuls les parents sont capables, en présence, en étant disponible, d’apprendre aux enfants à parler tout simplement. Et là, on est en train de créer du handicap par défaut d’information. »
Quels sont les effets de la surexposition des écrans ?
Servane Mouton, neurologue : « L’outil numérique est un outil physique. Il a des caractéristiques physiques et à ce titre, il a des conséquences sur la santé physique, sur la vision également parce qu’il conduit à des activités sédentaires. Il compromet la santé métabolique, cardiovasculaire et également le sommeil, qui est un pilier de la santé. Lorsqu’il est altéré, c’est toute la santé qui est mise en jeu : la santé mentale, la santé physique et les apprentissages. »
Agnès Fabre, professeure de lettres en collège et en lycée, le retrouve effectivement dans ses classes : « Concrètement, chaque jour dans nos classes, on voit des élèves fatigués, des élèves qui ont du mal à se concentrer, des élèves qui ont des problèmes de santé mentale, des élèves qui ne vont pas bien. » Elle ajoute que les élèves n’ont plus jamais de temps libre alors que celui-ci est fondamental. « Il est structurant pour l’enfant, pour l’adolescent. Ce temps libre doit servir à leur créativité, doit être un moteur pour l’enfant. »
-> Pour en savoir plus, écoutez l’émission…
Invité(e)s :
- Sylvie Dieu-Osika et Eric Osika, pédiatres et membres du Collectif surexposition écrans (CoSE). Auteurs de « L’enfant-écran » (Grasset, 2025).
- Servane Mouton, neurologue et neurophysiologiste. Autrice de « Écrans, un désastre sanitaire » (Gallimard, 2025).
- Agnès Fabre, professeure certifiée de lettres en collège et lycée.. Membre du collectif « Éducation numérique raisonnée ».
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