{"id":7664,"date":"2021-06-16T02:29:41","date_gmt":"2021-06-16T00:29:41","guid":{"rendered":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/?p=7664"},"modified":"2021-06-15T16:35:54","modified_gmt":"2021-06-15T14:35:54","slug":"les-ondes-chez-les-animaux-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/les-ondes-chez-les-animaux-2\/","title":{"rendered":"Les ondes chez les animaux"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: left;\"><strong>Ligne THT 2 fois 400 000 V et \u00e9oliennes \u00e0 Mazinghien ! Le calvaire<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ne vous trompez pas : dans le secteur de Qui\u00e9ry-Izel, pr\u00e8s de Vitry-en-Artois\u00a0 (62490), ils veulent faire pareil !<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faudra les en emp\u00eacher\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">** **<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ondes \u00e9lectriques, le chemin de croix de Philippe Marchandier<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9leveur \u00e0 Mazinghien (59), Philippe Marchandier fait face \u00e0 des comportements anormaux chez ses animaux, dus, selon lui, \u00e0 l\u2019installation en 1994 d\u2019une ligne \u00e0 haute tension qui enjambe ses p\u00e2tures, et en 2019 de cinq \u00e9oliennes \u00e0 proximit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Perpendiculaires \u00e0 l\u2019horizon les pieds de fer g\u00e9ants des pyl\u00f4nes enjambent la p\u00e2ture. Derri\u00e8re eux, dans le lointain, s\u2019\u00e9l\u00e8ve une silhouette blanche et effil\u00e9e. L\u2019une des cinq \u00e9oliennes install\u00e9es en 2019. C\u2019est l\u00e0 que les choses ont commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9railler chez Philippe Marchandier. <em>\u00ab\u00a0D\u2019avril \u00e0 septembre, j\u2019ai perdu 50\u00a0000\u00a0litres (l) sur ma production de lait. Je n\u2019ai pas compris. Mes vaches mangeaient normalement, mais n\u2019en profitaient pas\u00a0\u00bb<\/em>, confie l\u2019\u00e9leveur install\u00e9 depuis 1990 dans la ferme familiale \u00e0\u00a0Mazinghien (59).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un premier temps, pour compenser la perte de production, il augmente son cheptel \u00e0 300\u00a0b\u00eates, dont 80 laiti\u00e8res. En vain. De 330\u00a0000\u00a0l par an pour la coop\u00e9rative <a href=\"https:\/\/www.laitnaa.fr\/\">Laitnaa<\/a> en 2018, il passe en 2020 \u00e0 130\u00a0000\u00a0l. Sans compter les vaches mortes\u00a0: plus de 70 en 2020, sans que les autopsies n\u2019expliquent quoi que ce soit. <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai toujours peur de trouver une vache couch\u00e9e par terre en arrivant.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une veine d\u2019eau sous le b\u00e2timent ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il pense d\u2019abord \u00e0 changer sa m\u00e9langeuse. <em>\u00ab\u00a0La ration est bonne, les vaches mangent m\u00eame trop\u00a0\u00bb<\/em>, lui r\u00e9pond le vendeur apr\u00e8s v\u00e9rification. Puis il fait venir un sp\u00e9cialiste de l\u2019alimentation animale. <em>\u00ab\u00a0Il \u00e9tait 15\u00a0h, les vaches \u00e9taient toutes debout en tas au milieu du hangar, \u00e0 pi\u00e9tiner\u00a0\u00bb<\/em>, se souvient-il. <em>\u00ab\u00a0Tu n\u2019as pas une ligne \u00e0 haute tension ou une \u00e9olienne pr\u00e8s d\u2019ici\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em>, lui demande le professionnel. Les deux mon capitaine\u00a0: en plus des \u00e9oliennes, une ligne \u00e0 haute tension de deux fois 400\u00a0000 V install\u00e9e en 1994 surplombe les p\u00e2tures situ\u00e9es dans cette cuvette humide. <em>\u00ab\u00a0Ne cherche pas, on a le m\u00eame probl\u00e8me en Bretagne. J\u2019esp\u00e8re pour toi qu\u2019il n\u2019y a pas de veine d\u2019eau qui court sous le b\u00e2timent\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Philippe Marchandier fait alors venir un g\u00e9obiologue, puis le maire de la commune, sourcier, passe avec ses baguettes. <em>\u00ab\u00a0Les deux ont trouv\u00e9 des veines d\u2019eau aux m\u00eames endroits\u00a0\u00bb<\/em>, conclut-il en esquissant de la main la fa\u00e7on dont le cours d\u2019eau serpenterait sous son \u00e9table en transportant le courant, ce qui pourrait expliquer l\u2019attitude des animaux qui renoncent trop souvent \u00e0 aller boire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La piste sanitaire \u00e9cart\u00e9e<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des analyses v\u00e9t\u00e9rinaires lui confirment l\u2019absence de toute maladie dans le troupeau.<em> \u00ab\u00a0Alors j\u2019ai fait du bruit dans les journaux\u00a0\u00bb<\/em>, se rembrunit-il. L\u2019association nationale Animaux sous tension (Anast) fait m\u00eame une descente \u00e0 Mazinghien mi-septembre l\u2019an dernier. Il veut attirer l\u2019attention des exploitants des installations \u00e9lectriques, Boralex, pour les \u00e9oliennes, et RTE et Enedis, pour la ligne haute tension. <em>\u00ab\u00a0Au d\u00e9but, ils m\u2019ont pris pour un guignol, se sont renvoy\u00e9 la balle\u2026 Pourtant, le g\u00e9obiologue mesurait 12\u00a0volts sur un m\u00e8tre de cornadis\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une r\u00e9novation \u00e9lectrique en cours<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le <a href=\"https:\/\/www.gpse.fr\/\">Groupe permanent de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9lectrique en milieu agricole (GPSE)<\/a> est alert\u00e9 en avril 2020. L\u2019exploitation est mise sous perfusion financi\u00e8re le temps d\u2019\u00e9tudier la situation. <em>\u00ab\u00a0Ils ont contr\u00f4l\u00e9 mon \u00e9lectricit\u00e9, mais pas le sol\u00a0\u00bb<\/em>, raconte l\u2019\u00e9leveur, sceptique. Apr\u00e8s \u00e9tude de la situation et la vente d\u2019une soixantaine d\u2019animaux pour donner de l\u2019air au cheptel, un compromis est propos\u00e9 en f\u00e9vrier dernier\u00a0: la r\u00e9fection, gratuite, de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et la mise \u00e0 la terre des b\u00e2timents de l\u2019exploitation. Les travaux viennent de d\u00e9buter. Avec, on l\u2019esp\u00e8re, des am\u00e9liorations en perspective sur le comportement du troupeau de Philippe Marchandier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/terres-et-territoires.com\/terre-a-terre\/elevage\/ondes-electriques-le-chemin-de-croix-de-philippe-marchandier\">https:\/\/terres-et-territoires.com\/terre-a-terre\/ele<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">** **<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>De l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans l\u2019herbe\u00a0: enqu\u00eate sur des \u00e9levages en souffrance<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/studio\/panoramique\/de-l-electricite-dans-l-herbe-enquete-sur-des-elevages-en-souffrance?utm_source=&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=relance_article_offert&amp;utm_content=&amp;utm_term=&amp;xtor=EPR-1013-%5B%5D&amp;M_BT=275395909069\">https:\/\/www.mediapart.fr\/studio\/panoramique\/de-l<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Extraits<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la Somme, \u00e0 la ferme Au gr\u00e9 des roses, Yann Joly s\u2019est s\u00e9par\u00e9 de ses 120 vaches laiti\u00e8res il y a cinq ans. Avec elles se sont \u00e9vanouis les r\u00eaves d\u2019une vie. Yann a fait une croix sur son m\u00e9tier d\u2019\u00e9leveur et ne transmettra jamais son troupeau \u00e0 sa fille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0\u00c0 19 ans, elle avait fait un BTS produits laitiers. Elle voulait s\u2019installer ici, prendre la suite de son p\u00e8re et de son grand-p\u00e8re. \u00c0 la place, elle a commenc\u00e9 \u00e0 travailler \u00e0 la ferme des 1\u00a0000 vaches. C\u2019est aussi pour elle que je me bats aujourd\u2019hui.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9leveur s\u2019est reconverti dans la production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re, moins rentable \u00e0 l\u2019hectare. Il ne se verse aucun salaire et doit travailler chez d\u2019autres exploitants en tant que prestataire agricole pour tenir jusqu\u2019au remboursement des derniers pr\u00eats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 ses d\u00e9buts, il avait pourtant r\u00e9ussi \u00e0 transformer sa petite ferme familiale en \u00e9levage prosp\u00e8re. <em>\u00ab\u00a0On a toujours investi pour avoir une entreprise performante. On \u00e9tait tr\u00e8s pointilleux sur l\u2019alimentation, par exemple. Cela nous a permis de produire jusqu\u2019\u00e0 1 million de litres de lait par an avec 120 vaches.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Solide, son exploitation traverse sans encombre la crise du lait en 2009. Puis les rendements s\u2019effondrent\u00a0: de 9\u00a0000 litres par an et par vache en 2010, ils chutent \u00e0 7\u00a0000 litres en 2011, puis \u00e0 5\u00a0000 en 2013. Veaux et g\u00e9nisses grossissent beaucoup moins vite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Catherine Nansot, ing\u00e9nieure et experte pr\u00e8s de la cour d\u2019appel d\u2019Amiens, le constate dans un rapport en 2015\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Pour qu\u2019une g\u00e9nisse actuellement dans cet \u00e9levage atteigne sa taille normale, il lui faudra 50\u00a0% de temps en plus qu\u2019un animal ayant une croissance normale.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2011 et 2013, ce sont deux ann\u00e9es au cours desquelles Yann a vu se dresser de nouvelles voisines \u00e0 l\u2019horizon\u00a0: 24 \u00e9oliennes install\u00e9es \u00e0 1,8\u00a0kilom\u00e8tre de l\u00e0\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Je n\u2019avais aucun <\/em>a priori<em>. J\u2019avais m\u00eame accept\u00e9 un bail pour l\u2019installation de l\u2019une d\u2019entre elles dans un de mes champs. Elle me rapporte 1\u00a0600 euros par an.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une broutille, au regard des pertes estim\u00e9es par l\u2019experte\u00a0: plus de 350\u00a0000\u00a0euros entre 2011 et 2015. Dans son rapport, Catherine Nansot conforte la th\u00e8se de Yann Joly\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Depuis l\u2019installation des \u00e9oliennes, la production laiti\u00e8re par vache est en baisse sensible et concomitamment la qualit\u00e9 bact\u00e9rienne du lait se d\u00e9grade. Monsieur\u00a0Joly et ses conseils, le technicien du contr\u00f4le laitier, le v\u00e9t\u00e9rinaire, le marchand d\u2019aliments, n\u2019ont pas trouv\u00e9 de raison rationnelle.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a bien une concomitance entre l\u2019apparition des sympt\u00f4mes et l\u2019implantation des \u00e9oliennes, mais impossible de l\u2019expliquer scientifiquement. Alors, la discussion avec le directeur de la soci\u00e9t\u00e9 de gestion Caen Renewables Energy, qui exploite les \u00e9oliennes, reste au point mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2015, Yann Joly trait ses derni\u00e8res vaches, licencie son salari\u00e9 et assigne l\u2019op\u00e9rateur \u00e9olien en justice. Apr\u00e8s un recours de la partie adverse, son dossier sera finalement plaid\u00e9 devant le tribunal judiciaire de Paris, le 1<sup>er<\/sup> mars prochain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a une organisation de l\u2019opacit\u00e9 depuis de nombreuses ann\u00e9es<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet agriculteur picard n\u2019est pas un cas isol\u00e9. En 2020, dix \u00e9leveurs ont assign\u00e9 en justice RTE, Enedis, des op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie ou des exploitants de parcs \u00e9oliens pour trouble anormal de voisinage. La plupart sont membres de l\u2019association Animaux sous tension et sont repr\u00e9sent\u00e9s par M<sup>e<\/sup> Lafforgue et ses associ\u00e9s, un cabinet qui a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fendu les victimes de l\u2019amiante, des pesticides ou de la pollution de l\u2019air. Des affaires avec lesquelles l\u2019avocat dresse un parall\u00e8le\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Il y a une organisation de l\u2019opacit\u00e9 depuis de nombreuses ann\u00e9es, on a rendu invisible ce qui aurait d\u00fb \u00eatre port\u00e9 \u00e0 la connaissance de tous. Face aux \u00e9leveurs s\u2019est constitu\u00e9 ce qui s\u2019apparente \u00e0 un lobby \u00e9lectrique qui va se battre pour ne pas avoir \u00e0 verser d\u2019indemnisations, craignant que ce type de contentieux ne se d\u00e9veloppe.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les plaintes pourraient, en effet, se multiplier. Dans toutes les r\u00e9gions fran\u00e7aises, des \u00e9leveurs t\u00e9moignent de similaires et incompr\u00e9hensibles descentes aux enfers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la Manche, depuis la fin des ann\u00e9es 1980, une dizaine d\u2019\u00e9leveurs ont vu\u00a0leur production laiti\u00e8re d\u00e9gringoler,\u00a0leurs vaches tomber malades apr\u00e8s la construction de lignes \u00e0 haute tension \u00e0 proximit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la Sarthe, le couple Brault <a href=\"https:\/\/www.ouest-france.fr\/pays-de-la-loire\/sarthe-cause-de-cette-antenne-risque-de-tout-perdre-6020616\">accuse depuis 12 ans<\/a>\u00a0une antenne-relais d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de son hypersensibilit\u00e9, de la mort d\u2019une vingtaine de veaux et de gros probl\u00e8mes de croissance de ses poulets. En 2013, dans l\u2019Orne, \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une autre antenne, les 1\u00a0600\u00a0poules des Goupil <a href=\"https:\/\/france3-regions.francetvinfo.fr\/normandie\/2015\/02\/11\/orne-les-poules-stressees-par-les-ondes-refusent-de-pondre-652997.html\">ont cess\u00e9 de pondre<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Bretagne, \u00e0 Allineuc,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=tfjtmdZNiPA\">l\u2019exploitation de St\u00e9phane Le Bechec<\/a> est cern\u00e9e par plusieurs lignes moyenne tension et deux antennes-relais. Il les soup\u00e7onne d\u2019\u00eatre responsables de la mort de 200 vaches et veaux depuis son installation en 2016. \u00c0 une centaine de kilom\u00e8tres de l\u00e0, \u00e0 Cr\u00e9din, les fr\u00e8res Le Strat <a href=\"https:\/\/france3-regions.francetvinfo.fr\/bretagne\/morbihan\/lorient\/mortalite-elevages-ondes-electriques-electromagnetiques-incriminees-1914702.html\">obtiennent le m\u00eame bilan macabre<\/a> depuis la construction d\u2019un nouveau b\u00e2timent d\u2019\u00e9levage entour\u00e9 par des \u00e9oliennes, une ligne haute tension et un transformateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2017, en Is\u00e8re, Pierre Halimi <a href=\"https:\/\/france3-regions.francetvinfo.fr\/auvergne-rhone-alpes\/isere\/isere-ses-chiens-meurent-uns-apres-autres-appel-aide-eleveur-1318981.html\">a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 son refuge<\/a> pour chiens afin de l\u2019\u00e9loigner d\u2019une ligne \u00e0 haute tension apr\u00e8s qu\u2019une quarantaine de pensionnaires ont d\u00e9velopp\u00e9 des cancers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la Sarthe,\u00a0Patrick Pilon a g\u00e9r\u00e9 l\u2019un des plus importants \u00e9levages de lapins fran\u00e7ais jusqu\u2019en 2019. Il soup\u00e7onne l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un troisi\u00e8me op\u00e9rateur sur l\u2019antenne-relais voisine d\u2019avoir conduit son \u00e9levage \u00e0 la faillite\u00a0: en quatre ans, <a href=\"https:\/\/www.francebleu.fr\/infos\/agriculture-peche\/video-sarthe-un-eleveur-aurait-il-perdu-200-000-lapins-en-4-ans-a-cause-des-ondes-1548271663\">il a perdu 200\u00a0000 animaux<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis qu\u2019en mars 2019 des \u00e9oliennes ont \u00e9t\u00e9 raccord\u00e9es au poste de transformation, les chevaux de Pierre-Yves Lemoine, dans l\u2019Orne, <a href=\"https:\/\/france3-regions.francetvinfo.fr\/normandie\/orne\/chevaux-buvaient-ils-electricite-eoliennes-1894878.html\">ne gagnent plus de courses<\/a>. De 200\u00a0000\u00a0euros de gains annuels, l\u2019\u00e9leveur atteint \u00e0 peine les 22\u00a0000\u00a0euros.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des \u00e9leveurs ont vu leur production grimper apr\u00e8s la coupure d\u2019une ligne \u00e0 proximit\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres, \u00e0 l\u2019inverse, ont retrouv\u00e9 des conditions d\u2019\u00e9levage normales apr\u00e8s la suppression ou le d\u00e9placement d\u2019un \u00e9quipement. En Charente-Maritime, <a href=\"https:\/\/www.sudouest.fr\/2019\/12\/12\/ces-ondes-qui-rendent-les-eleveurs-chevres-6947519-10142.php\">les ch\u00e8vres des Monsarat<\/a> ont retrouv\u00e9 la sant\u00e9 et produit du lait en quantit\u00e9 apr\u00e8s le remplacement d\u2019un vieux transformateur.\u00a0Dans plusieurs r\u00e9gions, des \u00e9leveurs de porcs, de poules ou de vaches ont vu leur production grimper apr\u00e8s la coupure d\u2019une ligne \u00e0 proximit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette liste est loin d\u2019\u00eatre exhaustive. Gr\u00e2ce \u00e0 la presse r\u00e9gionale et sp\u00e9cialis\u00e9e, \u00e0 l\u2019association Animaux sous tension, aux recensements effectu\u00e9s par plusieurs \u00e9leveurs ou encore aux donn\u00e9es du GPSE, un groupe d\u2019experts sp\u00e9cialistes des probl\u00e8mes \u00e9lectriques dans les \u00e9levages, nous avons recens\u00e9 plus d\u2019une centaine d\u2019\u00e9leveurs suspectant des \u00e9quipements \u00e9lectriques et t\u00e9l\u00e9phoniques. Au moins la moiti\u00e9 d\u2019entre eux auraient vu appara\u00eetre ces nuisances au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quinze soup\u00e7onnent une antenne-relais, vingt autres des c\u00e2bles basse ou moyenne tension ou des transformateurs appartenant \u00e0 Enedis, au moins quinze \u00e9leveurs pointent, quant \u00e0 eux, un parc \u00e9olien. Ce sont les lignes \u00e0 haute ou tr\u00e8s haute tension qui concentrent le plus de griefs\u00a0: depuis les ann\u00e9es 1980, <a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/studio\/panoramique\/de-l-electricite-dans-l-herbe-enquete-sur-des-elevages-en-souffrance?utm_source=&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=relance_article_offert&amp;utm_content=&amp;utm_term=&amp;xtor=EPR-1013-%5B%5D&amp;M_BT=275395909069#annotation-01\">au moins 46 \u00e9leveurs les accusent de nuire ou d\u2019avoir nuit \u00e0 leurs \u00e9levages.*<\/a> 26 \u00e9leveurs contact\u00e9s par Mediapart ont chiffr\u00e9 les pertes qu\u2019ils imputent \u00e0 ces infrastructures \u00e9lectriques\u00a0: cumul\u00e9es, elles repr\u00e9sentent pr\u00e8s de 7\u00a0millions d\u2019euros, soit plus de 260\u00a0000\u00a0euros par \u00e9leveur..<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une centaine d\u2019\u00e9leveurs, c\u2019est peu au regard des 172\u00a0000\u00a0\u00e9levages fran\u00e7ais, moins de 0,1\u00a0%. Mais, dans ces fermes, la situation est souvent dramatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous racontent la m\u00eame histoire\u00a0: les b\u00eates qui semblent devenir folles, s\u2019affaiblissent, tombent malades ou meurent sans raison, la production en chute libre, les v\u00e9t\u00e9rinaires d\u00e9munis, les semaines de travail de 100 heures et les milliers d\u2019euros engloutis pour soigner leurs animaux, tenir la t\u00eate hors de l\u2019eau. Des ann\u00e9es de doutes et de remises en question qui rongent le moral, les finances, la vie de famille et m\u00e8nent parfois au pire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir \u00e9cart\u00e9 une \u00e0 une les hypoth\u00e8ses les plus plausibles comme des probl\u00e8mes sanitaires, alimentaires ou g\u00e9n\u00e9tiques, leurs soup\u00e7ons se portent sur les ouvrages \u00e9lectriques voisins de leurs fermes. Mais aux observations des paysans s\u2019opposent les certitudes des experts et l\u2019arsenal juridique des g\u00e9ants de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et des t\u00e9l\u00e9communications.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 la d\u00e9tresse des 15 \u00e9leveurs qui accusent des antennes-relais, la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise des t\u00e9l\u00e9coms se contente ainsi de souligner dans un mail la faible proportion d\u2019exploitations concern\u00e9es. Elle rappelle que <em>\u00ab\u00a0toutes les autorit\u00e9s sanitaires ont conclu \u00e0 l\u2019absence de risques \u00e0 proximit\u00e9 des antennes-relais\u00a0\u00bb <\/em>et que <em>\u00ab\u00a0les niveaux d\u2019exposition sont bien inf\u00e9rieurs aux seuils r\u00e9glementaires\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9oliennes, lignes THT, transformateurs\u2026 Depuis\u00a0trente ans, la science peine \u00e0 comprendre leurs effets sur le vivant. C\u2019est ce que souligne l\u2019Agence nationale de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire de l\u2019alimentation, de l\u2019environnement et du travail (Anses) dans plusieurs rapports. En 2015, dans <a href=\"https:\/\/www.anses.fr\/fr\/system\/files\/SANT2013sa0037Ra.pdf\">une publication<\/a> concernant les effets des lignes \u00e0 haute tension sur les \u00e9levages, elle indique\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Bien que de rares effets aient \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s chez les animaux <\/em>[\u2026]<em>, il reste difficile de se prononcer quant aux effets sanitaires directs des champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques d\u2019extr\u00eamement basses fr\u00e9quences sur les animaux d\u2019\u00e9levage.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Concernant les effets des \u00e9oliennes sur la sant\u00e9 humaine, l\u2019agence <a href=\"https:\/\/www.anses.fr\/fr\/content\/exposition-aux-basses-fr%C3%A9quences-et-infrasons-des-parcs-%C3%A9oliens-renforcer-l%E2%80%99information-des\">souligne en 2017<\/a> que <em>\u00ab\u00a0les effets potentiels sur la sant\u00e9 des infrasons et basses fr\u00e9quences produits par les \u00e9oliennes n\u2019ont fait l\u2019objet que de peu d\u2019\u00e9tudes scientifiques\u00a0\u00bb<\/em> et conclut n\u00e9anmoins par l\u2019absence<em> \u00ab\u00a0d\u2019effets sanitaires <\/em>[\u2026]<em> autres que la g\u00eane li\u00e9e au bruit audible\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle pr\u00e9cise aussi que <em>\u00ab\u00a0des effets biologiques induits par l\u2019exposition \u00e0 des niveaux \u00e9lev\u00e9s d\u2019infrasons\u00a0\u00bb<\/em> existent chez l\u2019animal. Mais des effets biologiques ne d\u00e9clenchent pas forc\u00e9ment de pathologies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incertitude scientifique ne saurait interdire l\u2019indemnisation des \u00e9leveurs<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu d\u2019\u00e9tudes, peu de certitudes. Pour M<sup>e<\/sup> Lafforgue, la bataille des experts ne doit pas s\u2019imposer dans la balance judiciaire\u00a0: <em>\u00ab\u00a0On veut s\u2019extraire de l\u2019expertise dite scientifique dans ces dossiers. Elle vise souvent \u00e0 \u00e9carter la cause qui para\u00eet la plus \u00e9vidente. Les \u00e9leveurs n\u2019ont pas invent\u00e9 leurs probl\u00e8mes. Pour la plupart, ces nuisances sont survenues \u00e0 un moment o\u00f9 il y a eu une implantation \u00e9lectrique. L\u2019incertitude scientifique ne saurait interdire l\u2019indemnisation des \u00e9leveurs. On fait aussi \u00e9tat de certaines publications qui vont dans le sens de l\u2019existence d\u2019un lien.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00e9connus du grand public, les courants parasites sont les principaux suspects dans cette affaire. Ils sont induits dans certains sols ou dans des \u00e9l\u00e9ments m\u00e9talliques par des installations \u00e9lectriques \u00e0 proximit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Serge Provost, pionnier du combat<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la Manche, il y a 30 ans, Serge Provost a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 alerter de leur dangerosit\u00e9. En deux d\u00e9cennies, l\u2019\u00e9leveur a vu deux lignes \u00e0 tr\u00e8s haute tension fendre le d\u00e9partement du nord au sud et <a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/studio\/panoramique\/de-l-electricite-dans-l-herbe-enquete-sur-des-elevages-en-souffrance?utm_source=&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=relance_article_offert&amp;utm_content=&amp;utm_term=&amp;xtor=EPR-1013-%5B%5D&amp;M_BT=275395909069#annotation-02\">une dizaine de fermes d\u00e9p\u00e9rir \u00e0 proximit\u00e9, la sienne la premi\u00e8re*<\/a> Selon notre recensement, six \u00e9levages \u00e0 proximit\u00e9 de la ligne Menuel-Domloup, dont celui de Serge Provost, auraient \u00e9t\u00e9 gravement perturb\u00e9s apr\u00e8s sa mise en service en 1985 et huit autres apr\u00e8s celle de la ligne Cotentin-Maine en 2013. Dans cette derni\u00e8re, le transit est pourtant loin d\u2019\u00eatre \u00e0 son maximum\u00a0: en attendant la mise en service de l\u2019EPR de Flamanville, elle ne sert qu\u2019\u00e0 d\u00e9lester sa voisine..<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis qu\u2019il est\u00a0\u00e0 la retraite, avec sa compagne, le Manchois parcourt la France au volant de son camping-car pour rencontrer les \u00e9leveurs en d\u00e9tresse. Au t\u00e9l\u00e9phone, au d\u00e9but de l\u2019automne, le proche d\u2019un \u00e9leveur du Nord-Pas-de-Calais s\u2019inqui\u00e8te. L\u2019agriculteur est au bord de la faillite et tr\u00e8s affect\u00e9 psychologiquement. Son exploitation est cern\u00e9e par une ligne \u00e9lectrique et un parc \u00e9olien. <em>\u00ab\u00a0Il faut qu\u2019il arr\u00eate, il n\u2019y a pas d\u2019autres solutions. Le terrain est trop pollu\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, tranche Serge Provost.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s trente ans d\u2019observations et d\u2019investigations, l\u2019ancien \u00e9leveur a acquis une certitude\u00a0: \u00e0 proximit\u00e9 de certains ouvrages \u00e9lectriques, des \u00e9levages sont condamn\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ligne THT 2 fois 400 000 V et \u00e9oliennes \u00e0 Mazinghien ! Le calvaire Ne vous trompez pas : dans le secteur de Qui\u00e9ry-Izel, pr\u00e8s de Vitry-en-Artois\u00a0 (62490), ils veulent faire pareil !<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7664","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7664","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7664"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7664\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7668,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7664\/revisions\/7668"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7664"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7664"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7664"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}