{"id":4452,"date":"2019-11-10T02:27:58","date_gmt":"2019-11-10T01:27:58","guid":{"rendered":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/?p=4452"},"modified":"2019-11-07T16:54:31","modified_gmt":"2019-11-07T15:54:31","slug":"thierry-breton-ami-de-linky","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/thierry-breton-ami-de-linky\/","title":{"rendered":"Thierry Breton, ami de Linky\u00a0!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le seigneur du pantouflage !<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Thierry Breton passe depuis trente ans du public au priv\u00e9, quitte \u00e0 multiplier les situations de possibles conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats. Cela ne semble pas inqui\u00e9ter Emmanuel Macron, qui souhaite en faire le nouveau commissaire europ\u00e9en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut croire que la macronie ne poss\u00e8de pas, en son sein, d\u2019individus pouvant pr\u00e9tendre au poste de Commissaire europ\u00e9en et sur lesquels ne p\u00e8se aucun soup\u00e7on de conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats. La candidature de Sylvie Goulard, le premier choix du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9e par les eurod\u00e9put\u00e9\u00b7es. Le Parlement europ\u00e9en lui reprochait notamment ses liens avec un think-tank \u00e9tats-unien, l\u2019Institut Berggruen, qui la r\u00e9mun\u00e9rait plus de 10\u00a0000 euros bruts par mois alors qu\u2019elle \u00e9tait dans le m\u00eame temps d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9enne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9action \u00e0 cet \u00e9chec, Emmanuel Macron a d\u00e9cid\u00e9 de pr\u00e9senter la candidature de Thierry Breton. Pour le m\u00eame r\u00e9sultat\u00a0? Cet homme d\u2019affaires passe en effet, depuis trente ans, du secteur public au secteur priv\u00e9, avec la f\u00e2cheuse tendance \u00e0 d\u00e9trousser le premier au profit du second.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Chef d\u2019entreprise ou ministre, il privatise\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir dirig\u00e9 les entreprises Bull et Thompson, Thierry Breton acc\u00e8de \u00e0 la pr\u00e9sidence de France Telecom en 2002. C\u2019est sous son r\u00e8gne que l\u2019entreprise historique est privatis\u00e9e, en 2004. Six mois plus tard, il est nomm\u00e9 ministre de l\u2019\u00e9conomie. Mais apparemment, ce transfert du priv\u00e9 au public ne lui a pas \u00f4t\u00e9 le go\u00fbt des privatisations. Son tableau de chasse est impressionnant\u00a0: lors de son passage \u00e0 Bercy, l\u2019\u00c9tat aura c\u00e9d\u00e9 15\u00a0% du capital d\u2019EDF au priv\u00e9, privatis\u00e9 GDF et les autoroutes. Qui dit mieux\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela \u00e9tant fait, Thierry Breton repart dans le priv\u00e9 en se faisant embaucher dans une banque qu\u2019Emmanuel Macron conna\u00eet bien, pour y avoir \u00e9galement travaill\u00e9\u00a0: Rothschild. Il y restera une ann\u00e9e, avant d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 pr\u00e9sident du directoire d\u2019Atos. Et c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 le b\u00e2t pourrait blesser\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une plainte d\u2019Anticor<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car si les pantouflages de Thierry Breton ont de quoi interroger, ses fonctions chez Atos pourraient relever, cette fois, du conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats pur et dur. C\u2019est ce qu\u2019en pense Anticor, qui <a href=\"https:\/\/www.anticor.org\/2019\/10\/12\/anticor-porte-plainte-avec-constitution-de-partie-civile-dans-le-dossier-des-radars-automatiques\/\">a d\u00e9pos\u00e9 en septembre une plainte contre X <\/a>avec constitution de partie civile. En cause\u00a0: l\u2019attribution \u00e0 Atos de march\u00e9s relatifs aux radars automatiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019association de lutte contre la corruption se base sur un rapport de l\u2019Inspection g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019administration, qui avait relev\u00e9 des \u00ab<em>errements<\/em>\u00bb dans les proc\u00e9dures. Sur la base de ce document, Anticor estime que, \u00ab<em>au final, il semble qu\u2019entre 2003 et 2011, les proc\u00e9dures de mise en concurrence pour attribuer ces march\u00e9s\u00a0\u2013\u00a0pour un montant cumul\u00e9 d\u2019un milliard d\u2019euros\u00a0!\u00a0\u2013\u00a0n\u2019ont pas respect\u00e9 un des grands principes de la commande publique, \u00e0 savoir l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les candidats<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour rappel, Thierry Breton a \u00e9t\u00e9 ministre de l\u2019\u00e9conomie entre f\u00e9vrier 2005 et mai 2007, puis d\u00e9sign\u00e9 pr\u00e9sident du directoire d\u2019Atos d\u00e8s novembre 2008 \u2013 poste qu\u2019il occupe toujours aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Atos a con\u00e7u et exp\u00e9riment\u00e9 Linky<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis, il y a Linky. Deux entreprises fran\u00e7aises ont largement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ce projet industriel de plus de 5 milliards d\u2019euros\u00a0: <a href=\"https:\/\/refuser-compteur-linky.fr\/capgemini-juge-et-partie\/\">Capg\u00e9mini<\/a>, et Atos. C\u2019est \u00e0 cette derni\u00e8re qu\u2019a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e la conception du compteur, et la r\u00e9alisation de phases de tests.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019entreprise a notamment, au sein du consortium GreenLys, r\u00e9alis\u00e9 des essais sur les villes de Lyon et Grenoble pour un montant d\u2019environ 40 millions d\u2019euros. Et cela d\u00e8s d\u00e9cembre 2009, soit 1 an apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de Thierry Breton dans l\u2019entreprise, et un peu plus de 2 ans apr\u00e8s son d\u00e9part du gouvernement. Atos a aussi \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e de<a href=\"http:\/\/www.actu-smartgrids.com\/projet-gazpar-atos-worldgrid-charge-de-lintegration-des-si\/\"> mettre au point l\u2019int\u00e9gration des syst\u00e8mes d\u2019information des compteurs communicants Gazpar<\/a> \u2013 l\u2019\u00e9quivalent de Linky pour le gaz \u2013 pour plus de 10 millions d\u2019euros.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Thierry Breton appara\u00eet ici avec la double casquette de celui qui lance la commande lorsqu\u2019il est ministre, puis la r\u00e9ceptionne une fois retourn\u00e9 dans le priv\u00e9. En effet, c\u2019est la loi du 13 juillet 2005, fixant les orientations de la politique \u00e9nerg\u00e9tique, qui a mis le pied \u00e0 l\u2019\u00e9trier de ces programmes de d\u00e9ploiement massif de compteurs communicants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il signe la loi qui acte le d\u00e9but de l\u2019aventure des compteurs \u201cintelligents\u201d<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ErDF, devenu Enedis, \u00e9tait invit\u00e9 \u00e0 concevoir et installer \u00ab<em>des dispositifs permettant aux fournisseurs de proposer \u00e0 leurs clients des prix diff\u00e9rents suivant les p\u00e9riodes de l\u2019ann\u00e9e ou de la journ\u00e9e et incitant les utilisateurs des r\u00e9seaux \u00e0 limiter leur consommation pendant les p\u00e9riodes o\u00f9 la consommation de l\u2019ensemble des consommateurs est la plus \u00e9lev\u00e9e<\/em>\u00bb. Cette loi marque ainsi le d\u00e9but de l\u2019aventure des compteurs communicants. Et elle est, entre autres, sign\u00e9e par le ministre de l\u2019\u00e9conomie de l\u2019\u00e9poque, Thierry Breton.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce possible conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 lors de la table ronde organis\u00e9e en d\u00e9cembre 2017 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale par l\u2019Opecst (Office parlementaire des choix scientifiques). Les d\u00e9bats \u00e9taient alors men\u00e9s par le d\u00e9put\u00e9 C\u00e9dric Villani, par ailleurs membre du conseil scientifique\u2026 d\u2019Atos <a href=\"https:\/\/refuser-compteur-linky.fr\/la-toile-bien-tissee-de-cedric-villani\/\">[comme nous le r\u00e9v\u00e9lions ici]<\/a> ! C\u2019est d\u2019ailleurs le seul conseil scientifique dont le candidat \u00e0 la mairie de Paris n\u2019a pas d\u00e9missionn\u00e9 suite \u00e0 son \u00e9lection. On \u00e9volue d\u00e9cid\u00e9ment en vase clos. Ainsi, l\u2019actuel num\u00e9ro 3 du groupe se nomme Gilles Grapinet. Ce n\u2019est pas un inconnu\u00a0: il \u00e9tait directeur de cabinet de Thierry Breton lorsque celui-ci \u00e9tait ministre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>En charge du portefeuille num\u00e9rique europ\u00e9en ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas de quoi rassurer celles et ceux qui ont repouss\u00e9 la candidature de Sylvie Goulard. D\u2019autant que, s\u2019il devenait comme il le souhaite commissaire, il g\u00e9rerait l\u2019\u00e9pais portefeuille de la politique industrielle, du march\u00e9 int\u00e9rieur, de la d\u00e9fense, de l\u2019espace et du num\u00e9rique\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre qu\u2019Atos touche des subventions europ\u00e9ennes, le journal <em><a href=\"https:\/\/www.marianne.net\/politique\/remplacer-sylvie-goulard-bruxelles-thierry-breton-favori-de-macron-au-risque-d-un-conflit\">Marianne<\/a><\/em> note aussi que \u00ab<em>Thierry Breton, s\u2019il \u00e9tait nomm\u00e9 commissaire, aurait th\u00e9oriquement \u00e0 g\u00e9rer la politique europ\u00e9enne d\u2019investissement dans le domaine des supercalculateurs, les ordinateurs les plus puissants, dont la construction est la sp\u00e9cialit\u00e9 d\u2019Atos<\/em>\u00bb. Or Thierry Breton poss\u00e8de plus de 500\u00a0000 actions du groupe, pour un montant global d\u2019environ 34 millions d\u2019euros.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab<em>S\u2019il est confirm\u00e9 au poste de commissaire europ\u00e9en, il ne disposera au jour de sa prise de fonction d\u2019aucune action, d\u2019aucune sorte dans aucune soci\u00e9t\u00e9 exactement comme il l\u2019avait fait lorsqu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 ministre de l\u2019\u00e9conomie, des finances et de l\u2019industrie en 2005<\/em>\u00bb, a fait savoir son entourage. Ouf\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Cet article est r\u00e9alis\u00e9 par le journal ind\u00e9pendant <em>L\u2019\u00e2ge de faire<\/em>. <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Refuser-compteur-linky.fr<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le seigneur du pantouflage !<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-4452","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4452","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4452"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4452\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4453,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4452\/revisions\/4453"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4452"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4452"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/collectif-accad.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4452"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}